De plus en plus de clients dans les banques alimentaires

MONCTON – Pour une quatrième année consécutive, la fréquentation s’est accrue dans les banques alimentaires du Nouveau-Brunswick.

C’est ce que conclut le rapport annuel canadien Bilan-Faim 2011, dont les données ont été rendues publiques mardi midi.

En 2008, au début de la récession économique, 15 638 personnes et familles avaient recours aux banques alimentaires. Depuis, chaque année, le nombre est allé en augmentant, passant de 17 889 en 2009 à 18 517 en 2010 et à 18 539 en 2011.

Selon John Gagnon, coprésident du Front commun pour la justice sociale, les chances que la tendance se renverse en 2012 sont très minces, étant donné que 6000 emplois ont été perdus dans la province au cours de la dernière année, que la hausse du salaire minimum a été reportée en avril 2012 et que le barème d’aide social est demeuré inchangé depuis octobre 2008.

«De plus en plus de citoyens doivent compter sur les banques alimentaires pour survivre», déplore M. Gagnon.
Le rapport national Bilan-Faim note que près de 50 % (49,7 %) des clients des banques alimentaires, tant en milieu urbain que rural, sont des femmes et qu’un cinquième sont des familles monoparentales.

«Comme la majorité des familles monoparentales sont dirigées par des femmes, il en ressort que le visage de la pauvreté dans notre province est définitivement féminin», souligne M. Gagnon.
Le rapport démontre également que la plus grande partie des citoyens qui dépendent des banques alimentaires sont des clients de l’aide sociale (près de 66 %).

Afin de contrer la tendance, le Front commun pour la justice sociale propose trois mesures, soit hausser immédiatement le salaire minimum à 10 $ l’heure, ajuster le taux de base de l’assistance sociale pour qu’il corresponde à la moyenne de l’Atlantique et instaurer immédiatement un supplément alimentaire solidaire de 50 $ par mois pour tous les ménages vivant de l’aide sociale.

Une tendance nationale

Le Canada n’est pas en récession, mais la pauvreté continue de frapper: plus de 851 000 Canadiens ont dû recourir à une banque alimentaire en mars 2011. Ces nombres sont même plus élevés que durant la récession de 2008.

Selon le plus récent relevé de Banques alimentaires Canada pour l’année 2011, ce sont 851 014 Canadiens qui ont reçu l’aide d’une banque alimentaire au pays. Cela signifie une hausse de 26 % depuis la récession économique de 2008. Il s’agit toutefois d’une baisse de 2 %, au Canada, par rapport à 2010.

Parmi ces gens, 93 085 – soit 10,9 % – ont eu recours à une banque alimentaire pour la première fois.

Au pays, environ 40 % des ménages qui ont reçu de l’aide étaient composés de personnes célibataires vivant seules.

Des recommandations

Banques alimentaires du Canada formule plusieurs recommandations pour tenter de réduire la pauvreté, donc le recours aux banques alimentaires.

Investir dans le logement abordable et le logement social serait un moyen efficace, selon le regroupement. Il rappelle que les gens ont souvent recours à une banque alimentaire parce que le logement gruge la plus grande part de leurs revenus.

L’organisme suggère aussi de hausser les montants versés par l’aide sociale, les prestations étant «extrêmement modestes», selon lui.

Il conseille également de modifier le régime d’assurance-emploi pour accroître l’accès aux prestations pour les travailleurs qui occupent un emploi atypique et pour les travailleurs plus âgés qui perdent leur emploi après plusieurs années.

Il propose aussi d’améliorer le soutien aux travailleurs défavorisés, aux personnes âgées vulnérables, d’investir dans les services de garde et l’enseignement précoce.

Au plan plus politique, Banques alimentaires du Canada invite le gouvernement fédéral à maintenir une augmentation annuelle de 3 % du Transfert canadien en matière de programmes sociaux, afin d’aider les provinces moins nanties à assurer un bon filet social.

(Avec des extraits de La Presse Canadienne)