Gaz de schiste: le ministre exige des excuses d’une compagnie fautive

FREDERICTON – Le ministre des Ressources naturelles, Bruce Northrup, ne demande pour le moment que des excuses à la compagnie gazière qui a enfreint la loi lorsqu’elle a procédé à des travaux de prospection géophysique à Sussex en octobre.

Selon l’enquête du ministère, la compagnie Windsor Energy a enfreint la loi en menant ces travaux le 17 octobre parce qu’elle n’avait pas obtenu d’autorisation écrite de la part des autorités municipales.

«Je veux que la compagnie s’excuse auprès de la municipalité, mais aussi auprès des gens que cela a affectés, auprès de la population du Nouveau-Brunswick et auprès du gouvernement du Nouveau-Brunswick», a déclaré M. Northrup lors d’une conférence téléphonique.

Mais le ministre dit qu’il ignore la forme que pourraient prendre des sanctions contre la compagnie.

Lorsqu’une journaliste lui a demandé s’il y aurait des sanctions, le ministre est resté très vague.

«Mes fonctionnaires se penchent là-dessus. Le permis de Windsor Energy prend fin le 12 novembre. Après, elle dispose de 90 jours pour démontrer qu’elle a rempli toutes ses obligations. La prochaine étape pour WE sera de déposer une demande de location de terrain pour des fins d’exploration de puits. En ce qui a trait à la possibilité qu’une amende lui soit imposée, nous examinons cette possibilité», s’est borné à dire Bruce Northrup.

Un porte-parole du ministère a indiqué qu’une plainte sera déposée, et que les résultats de l’enquête seront transmis à la Couronne pour d’éventuelles poursuites.

Windsor Energy n’a pas encore commenté l’affaire.

Le critique libéral en matière Ressources naturelles et d’Environnement, Denis Landry, trouve que la position du ministre est «une vraie farce».

«Il y a quelques semaines à peine, le ministre disait qu’il pourrait aller jusqu’à retirer leurs permis aux compagnies qui ne respecteraient pas la loi. Aujourd’hui, il dit «c’est même pas une tape sur la main, c’est juste une caresse», a déclaré M. Landry sur un ton qui trahissait son exaspération.

«Le message que ça lance à l’industrie c’est "faites ce que vous voulez au Nouveau-Brunswick, les pénalités ne sont pas si dures que ça", quant à la population, elle doit se demander si elle peut se fier à ce gouvernement parce que, ce qu’ils disent et ce qu’ils font sont deux choses totalement différentes. Moi je ne suis vraiment pas impressionné par ce que le ministre a déclaré aujourd’hui», a déploré le député de Centre-Péninsule-Saint-Sauveur.