Les plus démunis en ont assez de se serrer la ceinture

MONCTON – Le Front commun pour la justice sociale du Nouveau-Brunswick a lancé un message imagé au ministre des Finances de la province, Blaine Higgs. Un peu partout dans la province, l’organisme a offert des ceintures à différents députés et ministres du gouvernement pour demander à M. Higgs jusqu’où les personnes à faible revenu doivent se serrer la ceinture.

À Moncton, c’est au bureau de la ministre Sue Stultz qu’une vingtaine de membres de l’organisme se sont donné rendez-vous lundi matin. Mme Stultz était absente de son bureau, mais un membre de son personnel a accepté le «cadeau» en son nom.

Selon Jean-Claude Basque, coordonnateur provincial de l’organisme, plus de 100 000 citoyens vivent au dessous du seuil de pauvreté et les compressions budgétaires annoncées par le ministre des Finances seraient catastrophiques pour eux, sans compter les travailleurs à faible revenu et les 50 000 autres qui n’ont qu’un emploi à temps partiel.

Pour contrer cette situation, l’organisme propose quatre solutions. Une augmentation immédiate du salaire minimum à 10 $ l’heure, le rejet d’un salaire minimum à deux poids pour les travailleurs du Nouveau-Brunswick (les employés à pourboires et les autres, la ministre Martine Coulombe envisage la mise en œuvre d’un salaire minimum plus bas pour les employés à pourboires), une augmentation des taux de base de l’aide sociale pour les amener à la moyenne de l’Atlantique et la mise en place d’un programme de solidarité de 50 $ par mois pour aider les gens dans le besoin à bien manger.

«Une enquête qu’a menée le Front commun pour la justice sociale sur le coût de la nourriture a montré que le prix des aliments a augmenté de 26,5 % entre 2006 et 2011. Cela a un impact sur tous les citoyens, mais plus encore sur les personnes vivant dans la pauvreté», mentionne M. Basque.

Arborant la ceinture en guise de protestation, la secrétaire de l’organisme, Johanne Petitpas, qui vit elle-même avec un faible revenu, dit qu’elle est tannée de «manger du fast food et qu’elle voudrait plus de fruits frais».

«Ma ceinture est au dernier trou! On veut juste avoir de l’argent pour du bon manger, ce n’est pas trop demander, il me semble!»

Des messages à plusieurs ministres

L’action menée par le Front commun pour la justice sociale du Nouveau-Brunswick sert à lancer un message au ministre des Finances, mais aussi à certains autres ministres.

«La ministre du Développement social, Sue Stultz, a vu le nombre d’individus et de familles pouvant à peine survivre avec l’aide sociale augmenter de 2550 entre novembre 2008 et novembre 2011. Il s’élève actuellement à 40 993. Elle sait qu’il n’y a eu aucune augmentation des taux de base d’aide sociale depuis octobre 2008 pour la grande majorité d’entre eux, mais elle a préféré se fermer les yeux sur cette situation», dénonce Jean-Claude Basque.

Le coordonnateur provincial s’insurge aussi du fait que la ministre de la Santé, Madeleine Dubé, propose de majorer de 50 % le plafond annuel de la contribution sur les médicaments sur ordonnance pour les personnes âgées.

«Cela affecterait les citoyens qui sont très malades et qui ont besoin de beaucoup de médicaments sur ordonnance. Un nombre élevé parmi eux sont pauvres et n’ont pas une assurance-santé», ajoute-t-il.

«Nous vous demandons, à vous tous, les 55 membres de l’Assemblée législative, de faire en sorte que vos décisions permettent d’atténuer une partie du fardeau financier des personnes pauvres.»