Caisses populaires: plusieurs succursales appelées à fermer

CARAQUET – Les Caisses populaires acadiennes se transforment au rythme où changent les habitudes de ses membres de plus en plus adeptes du cyberespace.

En décembre 1997, l’Acadie du Nouveau-Brunswick comptait 85 caisses populaires dans 88 centres de services.

Dix ans plus tard, une série de fusions avait fait passer le nombre d’établissements indépendants à 34 avec pas moins de 86 lieux d’affaires.

En février 2012, la province ne comprendra plus que 15 caisses populaires tandis que leurs membres auront accès à 78 points de services.

Pendant ce temps, les utilisateurs d’AccèsD, le service web des caisses populaires, sont de plus en plus nombreux. Et le lancement de la version pour téléphone intelligent du site web il y a un peu plus d’un an n’a rien fait pour inverser la tendance, au contraire.

Selon le président et chef de la direction du Mouvement des caisses populaires acadiennes, Camille Thériault, en 10 ans, l’organisation a connu une baisse de 30 % des visites en succursales et 20 % moins de membres utilisent les guichets automatiques.

«De là la nécessité de reconfigurer notre réseau pour s’assurer que l’on puisse s’adapter aux nouveaux besoins de nos membres», indique M. Thériault.

À la fin du mois, les centres de services de Scoudouc et de Pré-d’en-Haut de la Caisse populaire Dieppe-Memramcook fermeront leurs portes.

Et si les membres des conseils d’administration des autres caisses populaires en prennent la décision, d’autres succursales pourraient être happées par la popularité du web.

«Malheureusement, il y a des centres de services qui n’ont pas beaucoup d’achalandage. Les caisses, avec l’appui de leur fédération, ont commencé à regarder à la pertinence d’avoir un réseau de 80 centres de services (à compter de janvier 2012)», confie Camille Thériault.

Par exemple, la Caisse populaire Vallée de l’érable, qui possède sept centres dans la région de Grand-Sault, pourrait décider d’en fermer quatre à l’automne 2012 après consultation auprès de ses membres.

«Il faut se rappeler que sur le territoire où il y a des caisses, toutes les banques confondues ont moins de centres de services que nous. Et nous sommes en concurrence avec ces gens-là», note M. Thériault.

«Même si dans les prochaines années les caisses décidaient de fermer une quinzaine de centres de services, nous aurions encore de loin beaucoup plus de lieux d’affaires que n’importe lequel de nos compétiteurs», assure-t-il.

Ainsi, que ceux qui penseraient déceler dans la fermeture de ces succursales et la fusion de caisses populaires le déclin de l’institution financière acadienne se détrompent.

«C’est totalement le contraire. Nous n’avons jamais fait autant de trop-perçus comme mouvement. Nous avons une excellente année financière», s’exclame Camille Thériault.

C’est justement parce que les choses vont bien à la Fédération des caisses populaires que l’on effectue les transformations des dernières années et celles à venir selon M. Thériault.

Quant à la forme que prendront les caisses populaires dans dix ans, «ça va dépendre vraiment du comportement de nos membres», constate-t-il.

«Ça va déprendre de l’appui que les membres vont continuer à donner à leur caisse».

Camille Thériault estime que le réseau des caisses populaires de l’avenir sera formé de 10 à 15 entités et sera «plus moderne et plus technologiquement prêt à desservir ses membres» malgré un nombre réduit de centres de services.

«Nous allons continuer à être un joueur prédominant dans le domaine financier pour les Acadiens et francophones du Nouveau-Brunswick».