Dire adieu à sa caisse pop

VAL-D’AMOURS – Si la fermeture de succursales semble inévitable pour certains, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit de décisions impopulaires auprès des communautés qui en sont affectées.

Donald LeBlanc est le président du District de service local de Val-d’Amour, au Restigouche. Comme plusieurs de ses concitoyens, il a appris la décision de la Caisse populaire Restigouche de fermer le point de services de sa communauté. Il digère mal cette décision.

«Ça va avoir un impact négatif dans notre communauté, ça, c’est définitif», clame-t-il.

Il déplore que cette fermeture arrive alors que la communauté tente tant bien que mal de se redynamiser.

«Et au même moment où nous faisons cela, notre institution financière – celle que nous appuyons depuis 50 ans – décide de nous lâcher. Tout ce que l’on regarde maintenant, ce sont les colonnes de chiffres. On ne se soucie plus du client. Il faut le plus de profit possible, c’est tout. Et si ça signifie lâcher une communauté, alors soit. C’est vrai à Val-d’Amour, mais c’est aussi vrai ailleurs dans la province. C’est très déplorable et, à mon avis, cela va complètement à l’encontre de l’esprit d’un mouvement coopératif», souligne-t-il, lui qui a été directeur d’une coopérative (Coop des travailleurs forestiers de McKendrick) pendant plusieurs années.

M. LeBlanc trouve ironique que la fédération ferme petit à petit toutes ses petites succursales des régions.

«C’est grâce à ces petites succursales que le mouvement est ce qu’il est aujourd’hui. En fermant ces succursales, la fédération s’éloigne de la racine, des communautés fondatrices qui ont cru dans le mouvement. C’est malheureux de voir qu’il n’y a plus cette notion de respect. C’est certain que ce n’est pas toujours évident de faire rouler une succursale en région, mais il y a toujours un moyen d’y arriver si on a la volonté de le faire», dit-il.

Comme ailleurs, on justifie la fermeture de la succursale de Val-d’Amour par une baisse d’achalandage.

«On nous donne comme raison que nos jeunes font de moins en moins de transactions à la succursale, qu’ils le font plutôt en ligne. Mais comme pour plusieurs autres régions du nord de la province, des jeunes, il y en a de moins en moins. Notre population en est une vieillissante, et ce n’est pas toutes les personnes âgées qui se servent quotidiennement d’Internet pour faire leurs transactions», pointe-t-il.

«Nous avons ici des gens qui ont travaillé d’arrache-pied pour donner un bon service aux membres de notre région. Cette succursale a été bonne pendant des années et là, du jour au lendemain, elle ne l’est plus? Je n’avale pas cela. Peut-être qu’il y a eu une baisse d’achalandage, c’est très possible. Mais il faudrait aussi qu’on se pose la question à savoir si les efforts nécessaires ont été faits pour faire fonctionner la succursale», souligne-t-il.

Dans le cas précis de Val-d’Amour, M. LeBlanc estime que la Caisse populaire Restigouche a littéralement abandonné sa communauté. Il cite notamment le cas de son guichet automatique qui, à la suite d’une tentative de vol, est devenu non fonctionnel.

«On nous avait dit qu’on en aurait un autre, mais on ne l’a jamais eu. Bref, quand on veut vraiment que quelque chose fonctionne, on fait des efforts. Ici, c’est clair qu’on nous a abandonnés», dit-il.