Finances: des coupures importantes à l’horizon

FREDERICTON – Le prochain budget du ministre des Finances, Blaine Higgs, devrait être beaucoup moins timide que le précédent. Lors d’une entrevue qu’il a accordée à l’Acadie Nouvelle, M. Higgs a clairement indiqué qu’il y aurait des changements importants dans la façon dont le gouvernement provincial offrira ses services à la population.

Il a confirmé que l’orientation du gouvernement en matière de Finances sera un des éléments qui se retrouveront dans le discours du Trône qui sera prononcé mercredi prochain.

M. Higgs a en outre réitéré que le Nouveau-Brunswick ne peut se considérer à l’abri d’une crise financière telle que celle qui sévit en Grèce, tant que les finances publiques n’auront pas été assainies.

«Nous ne pouvons croire que nous sommes immunisés contre la crise financière que nous voyons autour de nous. Lorsque j’ai fait ce commentaire. Il y a beaucoup d’éléments que nous ne pouvons pas contrôler: les marchés boursiers affectent nos pensions, l’économie américaine a un impact sur nos exportations», a-t-il cité à titre d’exemples.

Le ministre estime qu’il faut faire bon usage des dollars que nous contrôlons dans la province.

«Nous ne pouvons pas vivre au-dessus de nos moyens», insiste Blaine Higgs.

«Nous procédons à un renouvellement complet de l’appareil gouvernemental, un processus qui, je crois, n’a jamais été conduit avec une telle ampleur dans la province», a ajouté le ministre.

Il répète également que l’objectif de son gouvernement a toujours été de trouver des moyens d’économiser à l’intérieur du gouvernement.

Lors d’un sondage réalisé l’été dernier pour le compte de la Fédération des enseignants du Nouveau-Brunswick, 47 % des répondants ont dit préférer voir des hausses de taxes et d’impôts plutôt que des réductions dans les services gouvernementaux.

Blaine Higgs persiste et signe: si l’on doit augmenter les taxes ou les impôts, il devra d’abord y avoir un référendum.

Il faut donc s’attendre à des compressions.

«Un des exemples que je peux donner est celui du programme de méthadone. Ce programme lorsqu’il a commencé coûtait 500 000 $ par année et maintenant il coûte 6 ou 7 millions $ par année. A-t-il donné les résultats qui étaient requis? Obtenons-nous des résultats pour les programmes qui sont en place? Et si nous n’obtenons pas de résultats, qu’est-ce que nous devons changer? Injecter plus d’argent n’est pas toujours la meilleure solution. Cela continue à financer un comportement qui n’est pas le résultat recherché» a indiqué M. Higgs.

Il a cependant insisté pour dire que ce programme n’est pas dans la mire du gouvernement plus que les autres qui existent.

«Croyez-moi, il en a beaucoup d’autres», a poursuivi le ministre.

«Nous cherchons des efficacités qui vont produire de meilleurs services et des efficacités qui produiront un meilleur coût. Plutôt que de poursuivre un programme qui a des coûts excessifs, nous devrions nous concentrer sur un meilleur modèle de livraison (des services)», a-t-il précisé.

Les programmes qui seront dévoilés au cours des semaines et des mois à venir seront de trois ans, tant en ce qui a trait aux immobilisations qu’en ce qui concerne les dépenses.