Gaz de schiste: les opposants tiennent bon

FREDERICTON – Les opposants au développement du gaz de schiste ont tenu, jeudi, la dernière de leurs manifestations hebdomadaires devant l’Édifice du centenaire, à Fredericton. Ils en ont profité pour crier haut et fort qu’ils n’abandonnaient pas le combat pour autant.

«C’est peut-être la fin de nos manifestations devant l’Édifice du centenaire, mais nous allons maintenant porter notre message à l’Assemblée législative», a déclaré Julia Linke, une des porte-parole du mouvement.

L’Édifice du centenaire abrite les bureaux du premier ministre, du Conseil exécutif et de plusieurs ministères. C’est pourquoi les manifestants ont choisi ce lieu pour exprimer leur désaccord.

Avec la reprise des travaux parlementaires la semaine prochaine, les manifestants ont décidé de changer de lieu.

Samedi, ils tiendront des cérémonies au lever du soleil, suivies d’un concert-bénéfice pour les habitants de Penobsquis qui ont perdu leur puits d’eau potable.

Ils entreprendront ensuite une marche qui se terminera devant le Palais législatif.

Puis, le mercredi 23, jour de la reprise des travaux parlementaires, ils reviendront manifester devant le Palais législatif.

Julia Linke dit que ce que les manifestants demandent, c’est que l’on mette fin à tous travaux d’exploration du gaz de schiste dans la province.

«Nous savons que la technologie ne permet pas à l’heure actuelle d’extraire le gaz de schiste de façon sécuritaire. Alors, pourquoi ne pas le laisser là où il se trouve, lui laisser prendre plus de valeur et l’exploiter quand la technologie sera au point?», demande Mme Linke, qui a participé à toutes les manifestations qui ont eu lieu pendant 15 semaines consécutives à Fredericton.

De son côté, le critique de l’opposition officielle en matière de Ressources naturelles, Denis Landry, dit que son parti est plus que jamais résolu dans sa demande de moratoire sur le gaz de schiste.

«Le Québec a mis un moratoire là-dessus, la France a banni ça de son territoire, l’Angleterre dit que ça peut causer des tremblements de terre… Aujourd’hui, au moment où on se parle, ils parlent de quatre millions de litres d’eau pour développer un puits, multiplie ça par X nombre de puits, ça fait beaucoup de litres d’eau douce, et puis dans les régions rurales. Lorsque tu perds ton eau douce, tu perds ta qualité de vie», a plaidé le député de Centre-Péninsule-Saint-Sauveur.

Lui aussi est d’avis qu’un moratoire devrait être mis en place pour plusieurs années.

Les libéraux voudraient que la population soit impliquée dans la création de la législation que le gouvernement conservateur doit déposer cet automne pour renforcer la réglementation de l’industrie du gaz de schiste.

«Nous ne parlons pas de publier une nouvelle réglementation sur un site web pendant quelques semaines et dire que vous avez consulté les gens. Il faut que les citoyens soient inclus à la table.»

Le Nouveau Parti démocratique, qui n’a pas de siège à l’Assemblée législative, réclame lui aussi un moratoire sur le gaz de schiste.