Futur recteur: l’U de M se drape dans le silence

MONCTON – L’Université de Moncton se fait avare de commentaires autour du processus de sélection de son nouveau recteur et vice-chancelier.
À la tête de l’institution d’enseignement postsecondaire acadienne depuis plus de 11 ans, le recteur et vice-chancelier Yvon Fontaine tirera sa révérence en juin 2012.
Le 1er janvier 2011, un Comité consultatif de sélection a été créé comme le veut la politique d’embauche des cadres de l’Université de Moncton, avec à sa tête le président du Conseil des gouverneurs de l’institution, Me André Richard.
Le Comité de sélection a pour mandat de «trouver des candidates ou candidats au poste de rectrice ou recteur et vice-chancelier et en faire la recommandation aux autorités compétentes de l’Université».
Il est composé de membres du Conseil des gouverneurs et du Sénat académique en plus d’un professeur et d’un étudiant.
Selon l’offre d’emploi affichée sur le site web de Kenniff & Racine, le chercheur de cadre embauché par le comité de sélection, le comité devait commencer «à évaluer les candidatures en août 2011» et prévoyait «rencontrer les personnes retenues à compter de septembre 2011.»
Malgré les demandes répétées de l’Acadie Nouvelle, il s’avère aujourd’hui impossible de savoir où en sont rendus les travaux du comité.
La seule personne autorisée à discuter du dossier à l’université, Me André Richard, s’est fait avare de détails lorsque contacté par le journal.
«Le comité de sélection du recteur ou de la rectrice a reçu un certain nombre de candidatures pour le poste en question.  Le comité procède conformément aux étapes prévues à la politique de sélection des cadres», a écrit dans un courriel Me Richard en réponse à notre demande d’interview.
À l’Université de Moncton, la directrice du Service des communications, Thérèse Thériault, n’était pas en mesure de nous en dévoiler davantage, André Richard étant le porte-parole désigné pour le dossier.
Il a donc été impossible pour l’Acadie Nouvelle de connaître le nombre de candidats retenus par le comité, si aucun, et si des rencontres avaient eu lieu.
Me Richard n’a pas voulu non plus nous confier à quel moment les rencontres entre les candidats retenus et les professeurs et les étudiants se dérouleraient.
On n’a pas été en mesure de nous indiquer si la période de mise en candidature pour le poste de recteur et vice-chancelier de l’Université de Moncton était terminée ou non.
La dernière nomination d’un haut cadre à l’université avait créé la controverse en Acadie alors que la professeure Marie-Linda Lord avait été choisie pour occuper le nouveau poste de vice-rectrice aux affaires étudiantes et internationales.
Deux candidats non sélectionnés, le professeur Serge Rousselle et le vice-recteur associé à la recherche et aux études supérieures à l’Université Fraser Valley, Yvon Dandurand, ont même été jusqu’à déposer une demande de révision judiciaire après avoir constaté plusieurs irrégularités dans le processus de nomination de la nouvelle vice-rectrice.
Les deux individus avaient finalement laissé tomber la poursuite, faute de temps et d’argent.
La politique de sélection des cadres, voire sa mise en œuvre, contestée par MM. Rouselle et Dandurand, mais aussi par la fédération des étudiants et le syndicat des professeurs de l’université n’a pas été modifiée en vue de la nomination d’un nouveau recteur.
Par contre, les membres du Comité consultatif de sélection ont dû cette fois-ci signer un protocole de confidentialité entourant leurs travaux, une façon de faire nouvelle à l’Université de Moncton.