Domaine Dover: l’eau sera coupée mercredi

DIEPPE – «J’ai bien de l’eau, mais je ne sais pas si elle est fournie par la Ville de Dieppe ou par le propriétaire. Pour l’instant, je bois de l’eau en bouteille pour ne courir aucun risque, nous aimerions être mieux informés». En début d’après-midi, hier, Sylvie Chiasson et les autres habitants du Domaine Dover ignoraient la provenance de l’eau qui coulait de leur robinet.  

Cette réponse, les résidants du parc de maisons mobiles l’ont attendue toute la journée jusqu’aux environs de 17 heures, alors qu’ils ont reçu l’avis envoyé par la Ville de Dieppe, les informant officiellement que l’eau serait coupée, ce mercredi.

Le propriétaire des lieux promet de fournir l’eau à partir de sa propre source.

La date a finalement été reculée d’un jour par rapport à celle initialement prévue (le mardi 6 décembre) «pour permettre au ministère de la Santé d’émettre un avis de faire bouillir l’eau», comme le précise le communiqué. L’heure de l’arrêt du service n’a en revanche pas été encore établie.

La menace émise il y a une semaine par la Ville de Dieppe, n’était donc pas un bluff destiné à faire peur au propriétaire des lieux Noron Inc., et ainsi le contraindre à payer le montant des factures d’eau impayées depuis 2007.

Son président, Normand Bérubé, n’est de toute façon pas toujours disposé à mettre la main à la poche. Il nie depuis le début de cette affaire devoir de l’argent à la Ville. Il réaffirme «être prêt depuis quatre ans à remplacer l’eau publique par son système d’eau privé».

Recontacté ce mardi par l’Acadie Nouvelle, M. Bérubé a expliqué qu’il avait obtenu lundi en fin d’après-midi, l’approbation temporaire du gouvernement lui permettant d’exploiter sa source.

«Il faut seulement que je remplisse un formulaire», a-t-il précisé.

À Fredericton, le ministère de l’Environnement ne l’entendait pas de la même façon. Selon un membre de l’administration provinciale, des représentants de son ministère et celui de la Santé, ont bien rencontré les parties. Cependant, aucune autorisation n’aurait été donnée à l’occasion de cette réunion.

«Nous avons expliqué au propriétaire la marche à suivre pour obtenir le permis d’exploitation. Il y a, néanmoins, tout un processus à respecter», a-t-il répété. Mardi soir, aucune demande émanant de Noron Inc. n’était toujours pas parvenue au ministère…

En attendant que le permis soit accordé au propriétaire, les résidants du parc doivent donc, à partir d’aujourd’hui, prendre leur mal en patience, et faire bouillir l’eau ou la consommer en bouteille.

«C’est frustrant. On ne fait pas cela à des êtres humains. Dans le quartier, on s’entraide, on se rencontre, mais cela ne mène à rien. On est dans une impasse», déplorait Sylvie Chiasson après avoir pris connaissance de l’avis officiel de la Ville. Comme elle, certains habitants se demandaient, hier soir, s’ils paieront leur prochaine facture d’eau à la fin du mois.