Gaz de schiste: aucune accusation contre Windsor Energy

FREDERICTON – Le permis d’exploration de la compagnie Windsor Energy pourrait ne pas être renouvelé. C’est du moins ce qu’a laissé entendre le ministre des Ressources naturelles, Bruce Northrup. Cette compagnie effectue des travaux d’exploration du gaz de schiste au Nouveau-Brunswick. Au mois d’octobre, la compagnie a procédé à des travaux de prospection à Sussex sans attendre l’autorisation du conseil municipal.

Le ministre a évoqué cette possibilité lors d’un point de presse après qu’il a été rendu public que la GRC ne porterait aucune accusation contre la compagnie.

«Il y a un processus de 90 jours qui prend fin le 12 février et je prendrai une décision après cette date, à savoir si cette compagnie reste ou non dans la province», a déclaré le ministre.

Le chef de l’opposition, Victor Boudreau, croit que le gouvernement doit lancer un message clair à l’industrie.

«Certainement, qu’on doit aller jusque-là (ne pas renouveler le permis), mais ce n’est pas suffisant, parce qu’après Windsor Energy, il va y avoir d’autres compagnies qui vont venir au Nouveau-Brunswick. Ce qui est très clair, c’est que les lois et les règlements qui sont en place en ce moment ne sont pas suffisants pour protéger les intérêts des Néo-Brunswickois ou pour donner l’autorité aux municipalités d’avoir le dernier mot», croit le chef intérimaire libéral.

Le ministre avait transféré le dossier à la GRC le mois dernier, allégant que Windsor Energy avait effectué des tests sismiques à Sussex sans la permission de la municipalité, en octobre dernier.

M. Northrup avait précisé que la permission écrite de la municipalité était requise, selon la la Loi sur le pétrole et le gaz naturel.

Le président de Windsor Energy, Khalid Amin, s’était excusé à la suite de l’incident. Il a refusé de faire des commentaires, mercredi.

La GRC considère que cette affaire ne relève pas de ses compétences. Pourtant, le ministre avait, au moment de confier le dossier à la police, soutenu qu’il ne faisait que suivre le processus qui s’applique dans une telle situation.

Il avait lui-même indiqué qu’il avait d’autres options, mais il avait été repris par un de ses agents de communications qui avait affirmé que le ministre n’avait pas d’autre choix.

M. Northrup, qui a toujours défendu la règlementation en place, a été obligé d’admettre qu’elle comporte des failles.

«Je vous garantis qu’à l’avenir, il y aura des règlements et que ces règlements seront vigoureux et que si une erreur comme celle-ci se reproduit, nous prendrons une décision du jour au lendemain et non après plusieurs semaines comme c’est le cas en ce moment», a indiqué le ministre.

Bruce Northrup croit toutefois que le gouvernement dispose du temps nécessaire pour établir la règlementation vigoureuse dont il parle.

Il dit avoir appris de cet épisode et se réjouit que cela soit survenu à ce moment-ci de l’évolution de l’industrie dans la province.