Trouble d’attention: tant de questions, si peu de réponses

NDLR: Aujourd’hui jusqu’à vendredi, notre journaliste Philippe Murat fait le point sur le trouble d’attention avec ou sans hyperactivité, communément appelé TDAH. Accessible sur toutes nos plateformes, ce dossier présentera des entrevues en profondeur avec des sommités dans le domaine et avec des personnes concernées, pour répondre aux questionnements des parents et du public en général.

FREDERICTON – Des milliers de Néo-Brunswickois sont touchés de près ou de loin par le trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, aussi désigné par les initiales TDAH. Cette maladie affecte principalement des enfants d’âge scolaire. Elle peut toutefois être diagnostiquée chez des adultes. Il s’agit d’un trouble complexe faisant l’objet de nombreux préjugés.

Des recherches approfondies sont menées depuis des décennies sur le TDAH. Pourtant, encore aujourd’hui, les gens en souffrant réellement sont stigmatisés et peinent à obtenir l’aide nécessaire.

Nous vous proposons une série d’articles qui, nous l’espérons, vous permettra de mieux comprendre ce phénomène. Vous y trouverez des avis d’experts ainsi que des témoignages de parents dont les vies sont bouleversées par un enfant atteint du TDAH.

Quelques statistiques: en Amérique du Nord, les études démontrent qu’environ 7 à 8 % des enfants et 4 à 5 % des adultes sont atteints du TDAH.

Mais lorsque l’on combine les études menées dans plus de 40 pays à travers le globe, les taux diminuent. On estime que 5 % des enfants et 3 % des adultes sont affectés par ce trouble.

Plus de 90 % des adultes souffrant de cette maladie ne le savent pas. Ils sont désorganisés, impulsifs, retardataires, mais généralement très créatifs.

Une autre observation statistique concerne le sexe des personnes atteintes. Parmi les enfants en souffrant, les garçons sont trois fois plus nombreux que les filles. Chez les adolescents, la proportion diminue et il y a deux fois plus de garçons que de filles vivant avec ce trouble. À l’âge adulte, les deux sexes atteignent la parité.

Un des experts à qui nous nous sommes adressés, le Dr Russell Barkley, qui enseigne la psychiatrie à l’Université médicale de Caroline du Sud, affirme qu’on ne sait pas pourquoi les statistiques sont ainsi et qu’il s’agit d’une des questions encore non résolues au sujet du TDAH.

Mais le TDAH, pour les familles le vivant au quotidien, est loin d’être une donnée statistique, et se sont souvent les mamans qui doivent composer avec cette réalité.

Nous insistons en parlant des mamans parce que lorsque l’on recueille les témoignages de ces mères sacrifiant une bonne partie de leur vie à élever un, ou même plusieurs enfants ayant des besoins spéciaux, on peut facilement être ému.

En fait, on l’est à coup sûr.

Leur dévouement est exemplaire. Leur amour et leur force sont sans limite devant les obstacles que constituent les troubles mentaux de leurs enfants.

On se doit de souligner le courage au quotidien et la grande disponibilité de ces mamans pour qui le moindre progrès de leur enfant est une récompense.