«Un combat quotidien»: Une mère raconte la vie avec un fils qu’elle adore, et qui est atteint du TDAH

FREDERICTON – «Être parent d’un enfant atteint de TDAH est un combat quotidien», confie Mélanie B. Le témoignage de cette mère de quatre enfants est très émouvant puisque tout au long de son récit, Mélanie ne cesse de parler de l’amour qu’elle éprouve pour ce fils qui a bouleversé sa vie.

«J’adore mon enfant et à sa naissance je suis restée près de l’incubateur jour et nuit. J’aurais donné ma vie pour lui», a-t-elle confié à l’Acadie Nouvelle.

Né prématurément à 32 semaines, ce garçon, son deuxième enfant, a commencé à montrer des signes d’hyperactivité vers l’âge d’un an.

«Il demandait tout le temps de l’attention, si j’allais quelque part, il était très violent envers les autres enfants. Il bougeait tellement que personne ne voulait que j’aille chez eux.»

«J’ai seulement commencé à consulter en 2005, quand il avait 4 ans. C’est là que le médecin a commencé à parler d’hyperactivité et nous (ses parents), on a nié ça. On pensait qu’il avait seulement besoin de bouger plus que les autres et qu’il fallait l’envoyer jouer dehors.»

«Mais quand il a commencé la maternelle, les professeurs m’envoyaient tout le temps des mémos: il était actif, il tombait en bas de sa chaise, il faisait rire les autres. En plus, il avait un trouble d’apprentissage à l’école.»

«On a consulté à nouveau la même pédiatre. Elle a parlé de médication, mais nous avons refusé.»

«Mais toutes ces années-là, on ne pouvait aller nulle part, personne ne pouvait garder mon garçon. Les gardiennes s’en allaient les unes après les autres. C’était très éprouvant pour nous autres. Il était même violent avec nous. C’était du matin au soir. En étant hyperactif, il se levait très tôt. Il ne se faisait pas d’amis parce qu’il était trop actif pour tout le monde.»

«Finalement, en février 2009, on a décidé d’y aller avec la médication, c’était le Biphentin. Le médecin croyait que parce que notre enfant était prématuré, il lui manquait une hormone, la dopamine. On a commencé cette médication-là parce que l’école ne pouvait même plus l’endurer… Depuis ce temps-là, ça va beaucoup mieux. Mais aussitôt que le médicament ne fait plus effet, à partir de 7 heures le soir, tout est à recommencer.»

L’enfant a maintenant 10 ans et malgré les améliorations dans son comportement, il demeure très dépendant de sa mère pour ses soins personnels.

Quand il fait du vélo, Mélanie est inquiète parce qu’il n’a pas la notion du danger.

À l’école, il doit quand même être très bien encadré, car il demeure distrait.

Mélanie croit qu’elle vit une situation comparable à celle que vivent les parents d’enfants autistes.

«Je prends beaucoup de congés de travail juste pour m’occuper de mon garçon. Il y a tout le temps des rendez-vous avec l’orthophoniste, l’intervenante à l’école, les psychologues… la liste est longue.»
Le médecin de Mélanie a dû lui prescrire un arrêt de travail d’une durée indéterminée. Elle était à bout de souffle. C’est là où elle en est en ce moment.

L’envers de la médaille
«Un conseil que je donnerais aux parents, c’est de vraiment ressortir les aspects positifs de la situation», s’exclame Mélanie.

«Au lieu de dire mon enfant est atteint de cette maladie-là, dire plutôt mon enfant est plus aventureux. Ne pas l’étiqueter avec ça. Il a de grosses forces à l’école. C’est un petit génie dans les sciences et en mathématiques», dit-elle avec fierté.

Mélanie affirme, surtout, qu’elle souhaite que le TDAH cesse, un jour, d’être un sujet tabou.