Comment traiter le TDAH?

FREDERICTON – Le docteur Russell Barkley, professeur de psychiatrie à l’Université médicale de Caroline du Sud, préconise une approche en cinq étapes pour assurer un traitement optimal du TDAH.

Premièrement, le diagnostic.

«Il faut un diagnostic complet et approfondi afin de déterminer quels troubles affectent l’enfant, car il y en a généralement plus d’un à la fois. L’évaluation de la situation est une étape incontournable du traitement, car c’est elle qui va déterminer la suite des choses», insiste le docteur Barkley.

Le Dr Emmett Francoeur, directeur du Programme de développement de l’enfant à l’Hôpital de Montréal pour enfants, partage cet avis. Il conseille aux parents qui croient que leur enfant est affecté par un trouble quelconque d’établir, avec l’aide de l’école où il ou elle étudie, un répertoire exhaustif de ses comportements pouvant couvrir tous les aspects de la vie de cet enfant.

«Pour que l’on puisse considérer que l’on est en présence d’un cas de TDAH, il faut pouvoir facilement l’identifier dans les trois (principaux) domaines de la vie d’un enfant, c’est-à-dire l’école, la famille et avec les amis… car si c’est vraiment un problème biologique, ça doit se présenter dans n’importe lequel des domaines de la vie de l’enfant», explique le Dr Francoeur.

Avant de déterminer le genre de traitement qui sera prescrit, le médecin traitant devra obtenir une évaluation cognitive et académique afin de savoir si l’enfant ne souffre pas d’un trouble d’apprentissage.

Deuxièmement, l’information.

«Il faut ensuite informer les parents afin de s’assurer qu’ils comprennent bien la nature du trouble (ou des troubles) qui affecte leur enfant. Cette étape est elle aussi indispensable, car il y a beaucoup d’informations erronées qui circulent, notamment sur Internet, à propos du TDAH. Certains disent que ce trouble est un mythe, d’autres prétendent que ce sont les enfants qui regardent trop la télé ou qui consomment trop de sucre qui en sont atteints. Ces affirmations sont fausses», poursuit le Dr Barkley.

En informant les parents adéquatement, ils sont en mesure de mieux comprendre quels traitements sont nécessaires et le rôle qu’ils auront à jouer pour améliorer la qualité de vie de leur enfant.

Troisièmement, la médication.

«La prescription de médicament est ce que nous connaissons de mieux à l’heure actuelle pour traiter le TDAH», admet le Dr Barkley.

Il va sans dire que seuls les médicaments ne peuvent pas tout résoudre. Mais ils constituent la base nécessaire à toute stratégie pour améliorer la vie des enfants atteints de ce trouble.

Quatrièmement, modifier les comportements.

«Les parents doivent apprendre comme adapter leurs propres comportements à la situation. Cela peut s’accomplir par le biais de programmes de formation des parents d’enfants souffrant de TDAH. La même chose s’applique aux enseignants qui doivent être en contact avec l’enfant. On souhaite améliorer le comportement de l’enfant en changeant celui des adultes avec lesquels il est en contact au quotidien», explique le Dr Barkley.

Cinquièmement, les accommodements.

«Cela signifie qu’il faut faire des changements structurels à l’environnement de l’enfant afin d’atténuer l’intensité du TDAH», souligne le Dr Barkley.

On peut essayer de modifier le rythme d’apprentissage, la quantité de devoirs à faire à la maison ou encore placer l’élève à l’avant de la classe pour qu’il soit plus attentif et pour que l’enseignante puisse mieux l’encadrer.