Aréna de Dalhousie: «c’est tout simplement au-dessus de mes moyens»

DALHOUSIE – Il fallait s’y attendre, la décision de la municipalité de Balmoral de ne pas participer aux coûts de fonctionnement du Palais des glaces de Dalhousie cause bien des maux de tête aux différents intervenants concernés.

Ce refus fait en sorte que des frais de 500 $ sont imposés automatiquement aux utilisateurs de cette communauté. Ces frais sont en vigueur depuis quelques semaines, ce qui signifie que les parents des jeunes joueurs de Balmoral qui évoluent au sein de l’Association du hockey mineur de Dalhousie – 19 en tout – doivent passer à la caisse.

Frédéric Savoie est père de deux jeunes enfants de Balmoral qui jouent au hockey à Dalhousie. Il est resté estomaqué lorsque son fils a reçu dernièrement par la poste une facture de 500 $ (plus taxes) de la part de la Ville de Dalhousie.

Ce dernier se sent abandonné de toute part, autant par la Ville de Dalhousie qui exige ces frais, par son village qui refuse de collaborer avec Dalhousie que par l’Association du hockey mineur de Dalhousie qui n’a pas réussi à faire baisser la facture pour les joueurs de sa communauté.

«Je comprends tous les intervenants, et ils ont chacun d’excellents points pour défendre leur position. Dalhousie n’arrive plus financièrement… Balmoral ne veut pas taxer ses citoyens et privilégier un sport au détriment d’un autre… et le hockey mineur est pris au beau milieu de toute cette chicane. Mais pour moi, la réalité c’est qu’on veut venir chercher 1000 $ dans mes poches. Personne d’autre ailleurs au Restigouche ne paye cela pour jouer à Dalhousie, il n’y a que les résidants de Balmoral. Pour certains, 1000 $ ce n’est pas la fin du monde, mais pour moi, c’est énorme. Je pourrais payer jusqu’à 200 $ de plus par jeune, mais 500 $, c’est tout simplement au-dessus de mes moyens. C’est une situation très frustrante», relate-t-il.

Samedi, l’équipe bantam récréative de Dalhousie dans laquelle évolue l’un de ses fils se frottait à celle de Campbellton. Trois hockeyeurs de Balmoral – dont le seul gardien – font partie de la formation du Restigouche-Est. Une rumeur persistante voulait que la Ville de Dalhousie exige des parents de ces joueurs qu’ils règlent leur facture de 500 $ avant la partie, à défaut de quoi ils seraient retirés de la patinoire. Cette situation ne s’est pas produite, mais plusieurs questions demeurent.

«D’après ce que j’ai compris, les parents avaient jusqu’au 6 janvier pour payer les 500 $. On m’indique toutefois qu’il y aurait un délai supplémentaire de deux semaines pour permettre certains arrangements avec la Ville, ce qui nous amène donc au 20 janvier. À cette date, on ignore toutefois ce qui va arriver, quelles actions Dalhousie entend prendre à l’endroit des parents qui refusent de se plier à cette mesure», explique Louis Savoie, trésorier de l’Association du hockey mineur de Dalhousie et entraîneur adjoint de l’équipe bantam récréative.

«Chose certaine, ce n’est certainement pas nous – les entraîneurs et membres de l’association – qui allons enlever ces joueurs de la patinoire si on doit en arriver là. Ce n’est pas nous qui avons fait cette facture, alors ce n’est pas à nous de collecter ces fonds et de faire appliquer quelque sanction que ce soit. Si la Ville veut bannir les joueurs qui n’ont pas payé, qu’elle le fasse elle-même», dit-il.

Pas question de s’en prendre aux jeunes

M. Savoie et les parents des jeunes hockeyeurs de Balmoral et du Restigouche-Est en entier n’auraient toutefois pas à s’en faire. La saison se terminera bel et bien avec des formations complètes.

En effet, le maire de Dalhousie, Clem Tremblay, qualifie de «totalement non fondées» les rumeurs voulant que la Ville retire éventuellement de la glace les jeunes joueurs de hockey de Balmoral dont les parents n’ont pas réglé la facture des frais aux usagers.

«C’est totalement faux. Il n’est pas question que nous agissions de la sorte et que nous punissions les jeunes non seulement de Balmoral, mais de toutes ces équipes», souligne le maire.
Mais qu’arrivera-t-il si les parents persistent à ne pas payer?

«C’est la même chose qu’une compagnie. On envoie d’abord une facture, puis un avis si on n’obtient pas de réponse, et ainsi de suite. Et si on n’a toujours pas de réponse, le conseil s’assoira et prendra une décision sur les gestes à faire envers ces gens. Mais je peux assurer que ce ne sera pas d’enlever les jeunes de la patinoire ou d’éteindre les lumières pour annuler la partie. Les jeunes de Balmoral qui jouent au hockey ont du plaisir, pourquoi est-ce qu’ils devraient souffrir de cette situation?» clame le maire, ajoutant que la Ville est d’ailleurs disposée à prendre des arrangements avec les gens.

«Ils ne sont pas obligés de nous donner 500 $ sur le coup s’ils ne l’ont pas. On est ouverts au dialogue. C’est à ces gens de communiquer avec nous pour prendre les dispositions nécessaires», dit-il.

Aide critiquée

L’Association du hockey mineur de Dalhousie a déboursé un montant forfaitaire important (plusieurs milliers de dollars) pour diminuer la facture exigée aux municipalités du Restigouche-Est et ainsi leur permettre d’embarquer dans le plan de partage des coûts du Palais des glaces Inch Arran. Le fait que la municipalité de Balmoral ait décidé de ne pas participer l’a toutefois mis dans une position précaire.

«Ça fait en sorte que les gens de Balmoral sont frustrés après nous parce que nous avons participé financièrement et qu’ils ne profitent en aucune façon de cet arrangement. Et je ne les blâme pas d’être frustrés, car ils ont en partie raison. Pour notre part, on s’est embarqués là-dedans de bonne foi en pensant aider tout le monde, et ça nous est revenu en plein visage», confie Frédéric Savoie.

Il ajoute que ce qui frustre les gens aussi, c’est de voir que les districts de services locaux n’ont pas été forcés d’embarquer dans cette formule de partage des coûts cette année.

«Balmoral se retrouve donc seule dans cette position et il y a beaucoup de mécontentement», dit-il.

Selon lui, toute cette question de partage des coûts et de frais aux usagers a été mal orchestrée depuis le premier jour.

«Ç’a mal parti du début et là c’est en train de mal finir. Tout ce à quoi cette politique a servi pour le moment, c’est de diviser les communautés. Je crois personnellement que les localités environnantes devraient s’impliquer financièrement pour maintenir le Palais des glaces, mais j’ignore la formule magique qui ferait en sorte que ça plaise à tout le monde», indique-t-il.