Une découverte «capitale» pour l’héritage acadien

MONCTON – Le Centre d’études acadiennes Anselme-Chiasson de l’Université de Moncton vient de faire la découverte d’une liste de 289 noms d’Acadiens qui vivaient sur l’Île-du-Prince-Édouard en 1763. Le document se trouvait en France et a été envoyé par un chercheur américain.

«C’est incroyable! C’est fascinant! C’est un document capital pour l’héritage acadien!»

Malgré pratiquement 50 ans de carrière en tant qu’archiviste et historien au Centre d’études acadiennes Anselme-Chiasson, Régis Brun a bien du mal à cacher sa fougue depuis une semaine devant la découverte, par hasard, d’un document vieux de 249 ans…

Jeudi passé, en effet, alors qu’il scrute un DVD composé de plusieurs documents envoyés par un collègue américain intéressé par l’histoire acadienne, Régis Brun est tombé sur cette pièce historique qui se trouvait par erreur dans les Archives nationales de France.

«Il avait été placé par mégarde dans le mauvais dossier par le gouverneur de Saint-Domingue», explique, ainsi l’archiviste.

Ce document historique est en fait composé de deux pages. La première est une lettre signée collectivement par les habitants de l’île Saint-Jean (actuellement l’Île-du-Prince-Édouard). Ce papier serait, selon M. Brun, «une requête adressée au roi de France à Versailles» pour exprimer leur souhait d’être rapatriés.

«Ils ont été faits prisonniers par les Britanniques à Fort Amherst, aujourd’hui Charlottetown, lors de la guerre de Sept Ans», précise-t-il. Dans la pétition, on peut lire que leur plus grand désir «est de rejoindre leur patrie».

Pour rappel, la guerre de Sept Ans a mis aux prises les colonies françaises et britanniques de 1756 à 1763. La défaite française et le traité de Paris signé la même année mirent un terme à la présence française en Amérique du Nord.

La seconde page, quant à elle, est une liste de 289 noms d’hommes ainsi que ceux de leurs conjointes, accompagnés de leur nombre d’enfants.

«Ce sont des noms bien acadiens!» Parmi eux, on retrouve, entre autres, les classiques LeBlanc, Doucet, Cormier, ou encore Chiasson.

«Pour les historiens acadiens, et tous ceux qui s’intéressent à leur filiation, c’est très important, s’exclame une nouvelle fois Régis Brun. Cela peut permettre à plusieurs familles de prouver la présence de leurs ancêtres sur l’île.»

La découverte intéresse aussi des historiens en poste partout au Canada puisque des messages, notamment de Vancouver ou encore du Québec, sont parvenus jusqu’à Moncton toute cette semaine.