Des élèves de Dieppe marchent contre l’intimidation

DIEPPE – Ils sont 600 et ils sont contre l’intimidation. Les élèves de l’école Carrefour de l’Acadie ont déferlé dans les rues de Dieppe vendredi après-midi pour dénoncer ce fléau qui afflige les écoles du Nouveau-Brunswick.

Quelques instants avant de prendre pancartes et tambours dans les rues, les élèves de cette école de Dieppe ont rappelé leur engagement pris cette semaine dans le cadre d’une semaine de sensibilisation à l’intimidation. L’engagement? En-rayer l’intimidation.

«On banalise un peu l’intimidation. Les jeunes utilisent le mot intimidation à n’importe quelle sauce. On veut donc s’assurer qu’ils connaissent les répercussions de la vraie intimidation. Ils sont maintenant outillés, connaissent les conséquences et les gestes. Ils ne peuvent donc pas dire qu’ils ne savaient pas», souligne le directeur de l’école, Dominique Bélanger.

Les élèves de la sixième à la huitième année ont pu entendre, au cours de la semaine de prévention, des témoignages de gens qui ont été intimidés à l’école et des répercussions que ces personnes doivent subir.

Ils ont récité quelques-uns de ces témoignages devant tous les élèves vendredi dans le gymnase de l’école. Une simple insulte qui a déchiré le cœur d’une jeune fille lors d’un cours d’éducation physique ou l’acharnement sur un couple homosexuel qui a causé sa rupture ont été parmi les exemples donnés par les élèves.

Au Carrefour de l’Acadie, on ne trouve pas de cas extrême d’intimidation. Par contre, elle est bien présente et souvent elle se déroule à l’insu des parents et des enseignants.

«Oui, il en existe. Il ne faut pas le nier. Il faut agir. Il faut responsabiliser les enfants pour qu’ils dénoncent l’intimidation», avance M. Bélanger.

Pour amener les enfants à dénoncer l’intimidation, un site web a été créé. (www.jedenoncelintimidation.com). En cliquant sur nouveau site, les jeunes de l’école peuvent rapporter des cas d’intimidation de façon anonyme en plus d’y trouver une foule d’informations pour comprendre et contrer le fléau.

«Lorsque le cas est rapporté, il y a toujours une action qui suit. Pour ça, cependant, il faut qu’on le sache», rappelle le directeur.

La semaine de sensibilisation à l’intimidation du Carrefour de l’Acadie ne s’arrêtera pas, justement, à une semaine. Un suivi sera effectivement réalisé de façon mensuelle afin de rappeler l’engagement pris par les élèves, un engagement qu’ils ont signé de leurs mains sur les murs de l’école avec de la peinture bleue.