«L’Acadie est une terre accueillante pour les immigrants»

CARAQUET – Si la Péninsule acadienne accueille un nombre encore très limité d’immigrants, ceux qui s’y installent vantent, en général, la chaleur de l’accueil acadien.

Originaire de Guinée, en Afrique de l’Ouest, Ibrahima Sow est arrivé en 2009 à l’Université de Moncton, campus de Shippagan et vient juste de recevoir son diplôme en administration des affaires.

«Je m’attendais à plus de difficultés dans mon intégration», reconnaît Ibrahima Sow.

Il souligne sans hésitation la qualité de l’accueil des Acadiens à l’égard des étudiants internationaux. Cet accueil est allé au-delà de ce qu’il attendait.

«Je n’ai vraiment pas eu de problème à m’intégrer. Tout est allé très vite. Le lendemain de mon arrivée, j’étais invité à souper dans une famille», se souvient Ibrahima Sow. L’Acadie est accueillante.»

Il a quand même été confronté à un petit épisode de xénophobie. 

«La famille d’une fille que je voyais n’aimait pas les Noirs», explique le jeune Guinéen.

Pour autant, il ne généralise pas et estime qu’il n’y a pas plus de racisme ici qu’ailleurs.

«En règle générale, les gens d’ici sont vraiment bien. La preuve, je loue une chambre dans une famille et on me considère comme un membre de la famille.»

Désormais, un nouveau défi attend le jeune homme âgé de 23 ans. Son diplôme en poche, il est à la recherche d’un emploi depuis deux mois. Rencontre-t-il plus de difficultés en raison de ses origines?

«C’est un peu plus compliqué quand tu es étranger. Ce n’est pas facile», répond Ibrahima Sow. Les employeurs sont un peu méfiants, mais je m’efforce de les convaincre qu’entre un immigrant ou quelqu’un d’ici il n’y a pas une grosse différence, il faut juste briser la glace.»

Originaire de Côte d’Ivoire, Kassim Doumbia n’a pas rencontré de réelles difficultés à s’intégrer. Arrivé au Nouveau-Brunswick il y a 12 ans et dans la Péninsule depuis 2005, il est aujourd’hui l’adjoint exécutif au bureau de circonscription du député Paul Robichaud. Sa réussite, il la met en grande partie au crédit du réseau qu’il a su se constituer au fil des années.

«C’est vrai qu’au début c’était un peu difficile. Il fallait s’habituer à l’accent, à mon nouvel environnement. Les six premiers mois, cela a été un peu une période de rodage», se souvient-il.

Il a réussi à se faire accepter et à faire sa place. Une expérience dont il veut faire profiter les autres immigrants. Il a participé activement à la mise en place du Comité d’accueil, d’intégration et d’établissement des nouveaux arrivants (CAIÉNA) de la Péninsule acadienne, dont il préside le conseil d’administration.

«Je considère que l’Acadie est une terre très accueillante pour les immigrants», assure Kassim Doumbia. C’est vraiment une place que je recommande, même s’il faut relever le défi de l’emploi.»

«Je n’ai jamais été victime de racisme», précise-t-il.

Il n’en est pas moins conscient que dans bien des cas «à diplômes équivalents un entrepreneur sera plus porté à engager quelqu’un de la région qu’un nouvel arrivant pour différentes raisons. C’est la nature humaine».

Mostafa Rahmoune est arrivé lui voilà bientôt cinq ans du Maroc, directement à Caraquet, dans le cadre d’un regroupement familial. «Je n’ai pas eu de problème à m’intégrer ici; les gens sont réellement accueillants, tout le monde se dit bonjour», reconnaît-il.

Il avoue ne pas avoir rencontré beaucoup plus de difficultés que les autres immigrants en raison de ses origines maghrébines. Les rares réactions négatives, il les a vécues au cours de ses recherches d’emploi. «Il m’est arrivé par deux fois, quand je présentais une demande pour un emploi, de sentir que la personne n’avait pas une réaction normale. Je savais qu’ils recherchaient du monde, mais ils n’ont même pas voulu me tester.»

Ces a priori, il préfère ne pas s’y attarder plus que ça. «C’est du passé.»

Pour aller de l’avant, il a décidé de retourner aux études. Il a prévu d’entamer en septembre prochain un cours pour être auxiliaire en soins infirmiers. «Même si ça n’a aucun rapport avec ma formation initiale, l’électromécanique, il y a beaucoup de débouchés dans le domaine de la santé.»

Un calcul qui pourrait s’avérer payant autant pour lui que pour la Péninsule, qui souffre d’une pénurie de main-d’oeuvre dans ce secteur.