Entreprises N.-B.: un taux d’échec préoccupant

FREDERICTON – Quelque 23 % de l’argent accordé par l’agence de développement économique du Nouveau-Brunswick au cours des six dernières années s’est retrouvé entre les mains d’entreprises qui ont déclaré faillite ou ont cessé leurs activités.

Selon des documents provinciaux obtenus grâce à la Loi sur l’accès à l’information, Entreprises Nouveau-Brunswick a attribué environ 653 millions $ en prêts remboursables, garantie de prêt, participation en capital et autres formes de subventions, de janvier 2005 à septembre 2011.

Pendant cette période, 76,2 millions $ ont été remis à des entreprises qui ont cessé leurs activités, tandis que des entreprises ayant depuis déclaré faillite ont reçu un total de 74,8 millions $.

Ces deux sommes représentent environ 23 % des sommes investies par Entreprises Nouveau-Brunswick.

Le ministre du Développement économique, Paul Robichaud, a déclaré que le taux d’échec des compagnies préoccupe le gouvernement. Il a affirmé que le gouvernement prend les mesures afin d’assurer que cela ne se reproduise plus.

M. Robichaud a ajouté que son ministère devra mieux examiner les dossiers des entreprises demandant du financement afin d’augmenter le taux de succès d’Entreprises Nouveau-Brunswick.

L’économiste et chercheur Donald Savoie croit plutôt que le moment est peut-être venu d’éliminer les agences de développement économique comme Entreprises N.-B., spécialement en cette période où le gouvernement provincial est aux prises avec de graves problèmes financiers.

«Le N.-B. a un déficit qu’il ne peut soutenir, a dit M. Savoie. Nous savons que les paiements de transfert fédéraux vont diminuer au cours des prochaines années. Des décisions difficiles doivent être prises.»

La province se dirige vers un déficit de 471 millions $ cette année et sa dette devrait bientôt dépasser le cap des 10 milliards $.

M. Savoie propose plutôt au gouvernement de faire la promotion de son taux d’imposition aux entreprises. À 10 %, ce taux est le plus bas au pays, sur un pied d’égalité avec la Colombie-Britanique et l’Alberta.

«Pourquoi n’abolirions-nous pas toutes ces organisations pour ensuite dire à la communauté d’affaires “Vous bénéficieriez du plus bas taux d’imposition au Canada. Faites-vous à l’idée, nous ne vous donnerons pas plus d’argent”.»

Toutefois, selon Paul Robichaud, il ne serait pas réaliste de dissoudre Entreprises N.-B. quand d’autres provinces offrent des subventions aux entreprises.

Les dix plus importants investissements d’Entreprises Nouveau-Brunswick dans les six dernières années ont parfois entraîné de grosses pertes.

La compagnie de construction et de fabrication Atcon a reçu 3,2 millions $ en prêts et 3,1 millions $ en subvention directe en 2007, en plus de 63,3 millions $ reçus en garantie de prêt en 2008 et 2009.

En 2007, le gouvernement a prêté 29,3 millions $ à l’usine de papier Fraser d’Edmundston, qui a fait faillite et a restructuré ses activités en 2009.

Un porte-parole d’Entreprises N.-B. a toutefois fait savoir que le gouvernement avait récupéré une partie des fonds qu’il avait investis dans les entreprises mises en faillites, mais n’a pu préciser quel montant.