Les entreprises subventionnées auraient les reins moins solides

FREDERICTON – Selon le professeur Jean-Marc Suret, de la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval, les entreprises qui reçoivent des subventions gouvernementales ont de moins bonnes chances de réussir que les autres.

«À partir du moment où on a un sous-ensemble d’entreprises aidées de quelque façon que ce soit… nous avons des études qui démontrent que ce sous-ensemble est composé d’entreprises de moins bonne qualité que les autres», révèle le professeur Suret.

Il était appelé à commenter l’article paru ce lundi dans l’Acadie Nouvelle au sujet de la performance des entreprises subventionnées au Nouveau-Brunswick.

Le professeur Jean-Marc Suret a obtenu plusieurs diplômes au cours de sa carrière de chercheur, dont un doctorat en finances de l’Université Laval au début des années 1980.

Il s’intéresse, entre autres sujets, aux structures financières et à la fiscalité des entreprises.

Par ailleurs, les néo-démocrates du Nouveau-Brunswick demandent au gouvernement conservateur de mettre fin à certains programmes accordant des prêts ou des subventions aux entreprises.

La formation politique a fait cette suggestion, lundi, à la suite de la publication de données gouvernementales concernant le nombre des faillites au cours des dernières années.

La liste obtenue par La Presse Canadienne indiquait que plus de 20 % de l’argent accordé par l’agence de développement économique du Nouveau-Brunswick au cours des six dernières années s’est retrouvé entre les mains d’entreprises qui ont déclaré faillite ou ont cessé leurs activités.

Le chef du Nouveau Parti démocratique du Nouveau-Brunswick, Dominic Cardy, affirme qu’il s’agit de mauvais résultats et que le gouvernement provincial devrait plutôt accorder des crédits d’impôt afin de stimuler la création d’emplois.

Selon les données gouvernementales, Entreprises Nouveau-Brunswick a attribué environ 653 millions $ en prêts remboursables, garanties de prêt, participation en capital et autres formes de subventions entre janvier 2005 et septembre 2011.

Pendant cette période, 76,2 millions $ ont été remis à des entreprises qui ont cessé leurs activités, tandis que des entreprises ayant depuis déclaré faillite ont reçu un total de 74,8 millions $.

De son côté, le ministre du Développement économique, Paul Robichaud, a expliqué que son gouvernement était préoccupé par ces nombreuses faillites malgré l’aide financière accordée.