Hockey: des cours de savoir-vivre obligatoires pour les parents?

DIEPPE – On parle souvent de la violence et des bagarres qui se déroulent sur la glace des arénas, mais moins des échauffourées qui détériorent l’ambiance dans les gradins et sur le terrain. Car quand un match tourne au vinaigre, certains parents peuvent, eux aussi, avoir leur part de responsabilité. Des programmes existent pourtant pour prévenir ce genre d’incident.

Ils s’activent sur le bord des pelouses de soccer l’été ou dans le froid des arénas l’hiver. Ils crient, invectivent l’entraîneur ou s’époumonent sur le plus faible joueur de l’équipe qui vient de manquer un but pourtant facile. On les reconnaît à leur mauvaise foi, leur irritabilité et surtout leur haine de voir leur enfant perdre…

«Cela fait 25 ans que je suis dans le hockey et je crois qu’il y en aura toujours.»

Aujourd’hui entraîneur dans le hockey mineur à Shippagan, Gilles Cormier a connu tous les niveaux durant sa carrière, des plus jeunes jusqu’aux seniors.

«L’ambiance est plus mauvaise dans les matchs avec les enfants. Au niveau senior, il n’y pas de soucis», affirme-t-il.

Des parents au mauvais comportement, «parce qu’ils sont frustrés par la défaite», il en a souvent croisé, et pas plus tard que la semaine passée.

«Deux parents de l’équipe adverse ont crié pendant tout le match et l’entraîneur adverse a décidé de leur interdire d’assister au prochain match», révèle M. Cormier.

Pour tenter d’enrayer ce fléau, Hockey Canada et Hockey Nou­veau-Brunswick ont mis en place une politique de tolérance zéro. Plusieurs mesures ont ainsi été prises en ce sens. La première trouve sa base juridique dans l’article 1.4 de la Constitution adoptée par Hockey NB et qui stipule que «tout parent qui, dans un aréna, adopte une conduite perturbatrice ne favorisant pas le bon déroulement d’un match peut se voir interdire l’accès à l’aréna en question pour une période déterminée par la section ou l’association de hockey mineur compétente».

En clair, tout parent qui n’a pas l’attitude adéquate peut être interdit d’assister au match de son enfant.

«Cela arrive souvent que l’on mette des parents dehors, affirme Mireille Saint-Laurent, coordinatrice des services aux membres au sein de Hockey Nouveau-Bruns­wick. Les parents exclus doivent suivre des cours pour pouvoir retrouver le chemin des arénas.»

Pour organiser ces cours, et ainsi faire prendre conscience aux parents de leur bêtise, Hockey Canada a décidé de faire appel aux services d’une compagnie privée, Respect et sport. Ce programme en ligne fondé en 2004 par Sheldon Kennedy, ex-joueur de la Ligue nationale de hockey, a pour but de prévenir l’intimidation, l’abus, le harcèlement ou la négligence. Un cours en ligne d’une heure est aussi dédié à l’éducation des parents.

«Au Nouveau-Brunswick, une cinquantaine de parents ont suivi ce cours», indique, Roland Vidal, l’un des porte-parole de l’entreprise.

Dans la province, cette participation n’est pas pour le moment obligatoire, mais «elle pourrait le devenir», selon M. Vidal. C’est déjà le cas à Calgary et à Régina, où 15 000 parents ont assisté à ces cours de savoir-vivre… pour le plus grand bonheur des enfants.

Au Québec, il existe également la patrouille Calme-toi mon coco!, qui vise directement les parents qui suivent des gradins les exploits de leurs petits. Son message est simple: la violence verbale n’a pas sa place dans un aréna. Le programme vise particulièrement à abaisser le niveau de tolérance des autres parents face au comportement violent des plus délinquants.