Un centre pour surmonter l’alcoolisation foetale

MONCTON – Les enfants et les adolescents souffrant de troubles causés pas l’alcoolisation foetale recevront en région l’accompagnement dont ils ont besoin pour surmonter leur maladie.

La ministre de la Santé, Madeleine Dubé, a accordé, mardi, la somme de 500 000 $ à Services à la famille Moncton pour coordonner un nouveau centre d’excellence pour l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation foetale.

«Bien qu’il n’y a pas de remède, nous pouvons travailler ensemble pour prévenir et mieux traiter les gens atteints d’un trouble causé par l’alcoolisation foetale», a souhaité Mme Dubé.

La consommation d’alcool chez la mère durant la grossesse peut causer une série de problèmes au bébé à naître, dont des handicaps physiques, des maladies du cerveau ou du système nerveux central, ainsi que des problèmes de comportement.

Services à la famille Moncton collaborera avec les deux réseaux de santé et le Service de pédiatrie du Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont, afin de mettre sur pied un réseau de coordonnateurs communautaires en région.

«L’un des principaux avantages de ce modèle, c’est qu’il tient compte des forces actuelles de prestation de services qui existent déjà au sein de nos collectivités dans la province», a expliqué le directeur de l’agence, Maurice LeBlanc.

«Bien que le centre d’excellence sera lui-même (géré) à Moncton, les services s’étendront à l’ensemble des grands centres des quatre coins du Nouveau-Brunswick», a-t-il dit.

«L’objectif, c’est d’avoir des endroits où les gens pourront faire des diagnostics ailleurs que dans les grands centres», a précisé une autre partenaire dans cette aventure, la Dre Nicole LeBlanc.

«Et le diagnostic ce n’est que la première étape. Après il faut s’occuper (des patients), les soutenir et faire des interventions pour que leur famille puisse bien vivre malgré les défis», a avancé la chef du Service de pédiatrie de l’hôpital Georges-L.Dumont.

Le gouvernement provincial a choisi Services à la famille Moncton comme partenaire non gouvernemental, à la suite d’une demande de proposition. 

L’agence sera responsable de fournir l’infrastructure pour soutenir la coordination et la prestation des services de prévention, de diagnostic et d’intervention liés aux troubles causés par l’alcoolisation foetale.

Les responsables du centre d’excellence accorderont une attention particulière aux autochtones afin de garantir aux Premières Nations un service qui tienne compte des défis qui leur sont propres.

La Dre Lori Vitale Cox travaille à la clinique sur les troubles causés par l’alcoolisation foetale Estearn Door de la Première Nation d’Elsipogtog.

Elle raconte que cette communauté a connu beaucoup de succès en favorisant l’intervention des aînés sous la forme d’un parrainage auprès des adolescents atteints de ces troubles.

«Nous espérons pouvoir travailler avec l’équipe de coordination du centre à Moncton pour aider au développement de sa composante autochtone», a souhaité la Dre Cox.

«Les communautés des Premières Nations ont développé toute une expertise dans ce domaine et nous pourrons partager celle d’Elsipogtog.»

Le nombre précis de personnes souffrant de l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation foetale au Canada est inconnu, mais l’Agence de la santé publique du Canada estime que neuf bébés sur 1000 en souffrent.