Le prix de l’essence n’est pas prêt de baisser

CARAQUET – Le prix de l’essence a augmenté ce jeudi de 2,8 cents et continue de se rapprocher du niveau historique (141,5 cents) de l’été 2008. Il pourrait le dépasser dans les prochains mois.

Le litre d’essence ordinaire au Nouveau-Brunswick peut se vendre à un prix maximum de 136,2 cents, selon la Commission de l’énergie et des services publics de la province. Jusqu’à mercredi, le prix plafond était fixé à 133,4 cents.

Cette nouvelle augmentation n’est certainement pas la dernière. La tendance lourde est à une hausse des prix de l’essence, prévient Stéphane Marion, économiste en chef à la Financière Banque Nationale.

«Oui vous avez des capacités de raffinage au Nouveau-Brunswick, oui vous avez un prix de l’essence inférieur à celui de Montréal, mais la tendance lourde reste la même.»

«Il serait étonnant que vous ne subissiez pas des hausses similaires à celles qu’on enregistre ici au Québec en raison de l’intégration des marchés.»

Justement au Québec, les automobilistes se préparent à payer leur litre d’essence 1,50 $. Cette semaine, le seuil psychologique n’était plus très loin dans la région de Montréal où le prix de l’ordinaire atteignait jusqu’à 1,44 $.

«Même si le prix du pétrole reste à son niveau actuel qui est bien en dessous de son niveau record de 2008, le prix de l’essence va remonter à son prix de 2008», annonce Stéphane Marion.

Les principales raisons qu’il avance sont la réduction des capacités de raffinage sur la côte est américaine, une augmentation des marges des raffineurs et un maintien de la demande à un niveau élevé. Des facteurs qui influencent «l’ensemble des marchés».

«Je pense que la première étape sera un retour au sommet de 2008. Est-ce qu’ensuite on peut les excéder? Je pense que oui.»

Une accalmie est toujours possible si les tensions géopolitiques (en particulier en Iran) se réduisent un peu, mais «le prix de l’essence est appelé à demeurer élevé sur une base historique», prévoit l’économiste en chef à la Financière Banque Nationale

Cela ne laisse guère de place à l’optimisme. Les automobilistes de la province ont d’ailleurs pris jeudi matin cette nouvelle augmentation avec une bonne dose de fatalisme.

«J’étais surpris, le monde n’avait pas l’air plus fâché que ça, ce n’était pas si pire», a pu constater jeudi matin Bertrand Lanteigne, le propriétaire de la station Shell à Cara­quet.

Ses clients semblent résignés à l’exemple de Roger Léger.

«Que le prix de l’essence arrive à 1,50 $, bien sûr que c’est possible. Même si c’est à 2 $, il faudra toujours qu’on se déplace pour travailler.»

Cet habitant de Caraquet s’inquiète tout de même des répercussions que va avoir cette nouvelle hausse du prix des carburants.

«Tu vois que le monde ne sort plus comme avant. Il risque aussi d’y avoir moins de touristes. Mais ce n’est pas seulement le prix de l’essence. Sur un plein d’essence, cette augmentation-là, ça doit faire quelque chose comme 2 $ de plus, mais ce sont aussi tous les produits d’épicerie et l’habillement qui vont augmenter à leur tour.»