Quatre ans à l’ombre pour Phillips

CAMPBELLTON – Robert Phillips devra purger une peine d’incarcération de quatre années pour avoir agressé sexuellement une personne d’âge mineur.

L’homme âgé de 48 ans, originaire de Dalhousie, a reçu sa sentence vendredi à la Cour du Banc de la Reine de Campbellton. En plus de la peine carcérale, il verra également son nom inscrit au Registre national des délinquants sexuels pour une période de 20 ans, ne pourra pas posséder d’arme à feu pendant 10 ans et, à sa sortie, devra se tenir loin des endroits publics fréquentés par des jeunes âgés de moins de 16 ans (école, garderie, parc, etc.).

Les faits reprochés à Phillips se sont déroulés sur une période de quatre ans, soit de 1998 à 2002. Sa jeune victime était âgée de 10 à 14 ans lors des faits.

Sachant qu’elle rêvait de devenir mannequin, Robert Phillips a proposé de la photographier. Mais au fur et à mesure que les «séances» avançaient, les photos devenaient de plus en plus explicites, impliquant notamment de la lingerie fine. Idem pour les poses qui devenaient plus osées chaque fois, si bien qu’à un moment, les parties intimes de la jeune fille furent exposées et photographiées par Robert Phillips. D’autres événements d’ordre sexuel se sont produits par la suite.

L’accusé aurait notamment rasé lui-même les parties génitales de la victime, perpétré un cunnilingus sur elle, tenté de la pénétrer avec son pénis et l’aurait forcée à le masturber.

Aujourd’hui âgée de 23 ans, la victime est désormais mariée et mère de famille. Elle s’est adressée à la juge avant la lecture de la sentence. Dans son énoncé, elle a exposé à quel point les séquelles des actions de Robert Phillips étaient toujours bien présentes dans sa vie.

«Encore aujourd’hui, je fais des cauchemars. J’ai de la difficulté à être intime avec mon mari et j’ai énormément de difficulté à faire confiance aux gens», a-t-elle dit, avouant même avoir eu à plusieurs occasions des pensées suicidaires.

«J’ai fait une erreur en gardant tout ça pour moi. J’aurais dû en parler plus tôt et dénoncer. Ce que j’ai fait, c’est pour moi, mais aussi pour mes enfants… Pour qu’il ne puisse rien leur faire et aussi pour qu’il ne puisse pas recommencer avec d’autres», a-t-elle ajouté.

Le père de la victime a également pris la parole.

«Ce qu’il a osé faire à ma fille a grandement affecté sa vie, mais également celle de toute notre famille. Nous commençons à peine à guérir. Et comme si ce n’était pas assez, il a joué avec le système judiciaire en faisant traîner les choses pendant deux ans. À mes yeux, Phillips n’est pas un homme, mais un lâche pour ne pas avoir eu la décence d’admettre ses torts», a-t-il indiqué.

Satisfait de la sentence?

«On est très satisfaits, surtout lorsqu’on sait qu’il n’en a pas terminé avec la justice puisqu’il doit faire face sous peu à d’autres accusations du même genre, mais avec une autre victime. Il se peut donc qu’il demeure en prison encore plus longtemps. Mais dans notre cas, j’estime que justice a été rendue. Nous pouvons maintenant passer à autre chose et reprendre une vie normale», confie-t-il.

La sentence de la juge Gladys Young respecte sensiblement la volonté de la Couronne, qui demandait une peine d’incarcération de quatre années et demie.

«Les actions reprochées à l’accusé n’ont pas été perpétrées de manière spontanée ou en vertu d’un manque de jugement momentané. Au contraire, on peut y voir une planification méthodique destinée à attirer sa victime. Il savait qu’elle avait un rêve (de devenir mannequin), il a vu là une opportunité et en a pris avantage», a souligné la juge Young dans son jugement.

On se souviendra que ce procès – qui s’est déroulé devant juge et jury – a été marqué par deux revirements. Le premier est survenu en décembre alors que l’accusé a décidé de plaider coupable alors qu’il ne restait que lui comme témoin. Le second s’est produit en janvier lorsque celui a renvoyé son avocat et demandé à la Cour la permission de revenir à son plaidoyer (non-culpabilité), affirmant avoir été mal avisé par son conseiller juridique. Cette demande lui fut refusée.

À noter par ailleurs que Robert Phillips a été reconnu coupable d’accusations similaires en 2008. Il avait alors purgé un an en prison.