Six heures sans pause

MONCTON – Alors que la petite horloge de la salle indique 13 h, tout le monde s’est déjà relayé pour prendre une pause et aller boire en vitesse un café ou manger un bout. Le Dr Michel-Alexandre LeBreton, lui, n’a pas bougé de son poste concentré sur sa tâche.

Des pauses, le chirurgien n’en fera aucune tout au long des six heures d’opération.

«Le plus dur ce sont les pertes d’attention, c’est le plus fatiguant», témoigne-t-il après coup dans la salle de pause des médecins.

«Il y a aussi beaucoup de va-et-vient. C’est pour cela que je mets la musique, c’est tout ce que j’écoute. Mais cela ne nous empêche pas de faire des blagues pour détendre l’atmosphère, surtout dans un cas comme aujourd’hui.»

La lourdeur de l’opération, les os fragiles de la patiente et son âge avancé ont compliqué le travail de toute l’équipe. La dame perdra environ trois litres de sang durant la chirurgie.

Alors, du début à la fin, l’anesthésiologiste Dr Louis Doiron, a été aux aguets, surveillant sans relâche la pression sanguine de la patiente, son pouls, et surtout son taux d’hémoglobine.

«Je lui ai donné des anticoagulants, on est en train de récupérer le sang perdu. Lorsque son taux d’hémoglobine sera trop bas, on le lui réinjectera», explique-t-il.

Tous les efforts de l’équipe médicale n’auront pas été vains puisque selon le chirurgien, assis dans la salle de pause après la chirurgie, «l’opération s’est bien passée.»

Après 24 heures en soins intensifs, une semaine d’hospitalisation et plusieurs mois de rééducation, la patiente pourra, si tout se passe bien, remarcher normalement. 

Exténué, le chirurgien peut enfin aller se reposer et manger. Il sera à pied d’oeuvre dès le lendemain matin…