Menace d’un conflit de travail chez Codiac Transpo

MONCTON – Les négociations avancent à pas de tortue entre les syndiqués de Codiac Transpo et la Ville de Moncton tandis que l’ombre d’un véritable conflit de travail se pointe à l’horizon.

Les chauffeurs, les mécaniciens et les responsables de l’entretien des véhicules du service de transport en commun de Moncton, Dieppe et Riverview sont sans contrat de travail depuis plus de 20 mois.

Après plusieurs rencontres et la participation d’un conciliateur du ministère de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail, «la balle se trouve dans le camp» de la Ville de Moncton de l’avis du représentant du Syndicat uni du transport chez Codiac Transpo.

Selon George Turple, les négociateurs de la Ville ont accepté le 23 février d’étudier avec attention la plus récente offre du syndicat.

«Les négociateurs devaient nous dire avant le 2 mars si notre offre allait être recommandée au conseil municipal. Mais encore une fois, nous n’avons pas reçu de leurs nouvelles», a déploré M. Turple.

Devant le silence radio de la municipalité, le représentant syndical affirme avoir demandé au conciliateur du ministère du Travail de déclarer dans son rapport à la ministre Martine Coulombe que les négociations étaient dans une impasse.

À cette étape des procédures, la ministre Coulombe pourrait nommer une commission de conciliation afin de forcer les deux partis à s’entendre. Dans le cas contraire, les syndiqués seront en mesure de déclencher la grève alors que la Ville de Moncton pourrait aussi mettre ses employés en lock-out.

«La grève est certainement une possibilité, mais ce n’est pas ce que nous voulons. C’est la dernière chose que nous voulons», a reconnu George Turple qui représente environ 80 travailleurs chez Codiac Transpo.

Une porte-parole de la Ville de Moncton a confirmé au journal que la plus récente offre des syndiqués était toujours à l’étude par les autorités municipales.

«Nous sommes toujours en train de l’évaluer. Il faut déterminer tous les impacts financiers qui entourent chaque offre», a rappelé Nicole O. Melanson.

«La Ville demeure ouverte et disponible pour trouver un accord et conclure une nouvelle convention collective», a-t-elle dit, ajoutant que la municipalité n’était pas prête «à négocier sur la place publique».

Les négociations achoppent sur la question des salaires au dire de M. Turple, bien que les syndiqués ont fait de nombreux compromis.

«Nous voulons avoir une juste augmentation de nos salaires pour atteindre la parité avec les autres employés de la municipalité et les autres services de transports en commun des Maritimes. Nous sommes payés considérablement moins.»

George Turple affirme que l’offre faite à la municipalité inclut plusieurs concessions de la part des syndiqués au sujet notamment des heures supplémentaires et de l’embauche d’employés à temps partiel afin que les hausses de salaire exigées ne deviennent pas un «fardeau sur le dos des contribuables» de Moncton, de Dieppe et de Riverview.

Selon la dernière convention collective, les chauffeurs de Codiac Transpo gagnent, 21,50 $ l’heure, les mécaniciens, 24,70 $, et les responsables de l’entretien des véhicules, 20,15 $.