70 personnes perdent leur emploi à Cap-Lumière

CAP-LUMIÈRE – L’usine de transformation de la Coopérative des pêcheurs de Richibouctou-Village, un véritable site historique à Cap-Lumière, ferme ses portes et environ 70 personnes devront se trouver un nouveau boulot.

Ce verdict est tombé jeudi soir à l’assemblée générale annuelle de cette coopérative, qui compte 36 membres.

«Lorsque tu fais un assez gros déficit, la décision n’est pas trop difficile à prendre. Ça fait un bon trois ou quatre ans que l’usine se retrouve dans le rouge», a commenté le président du bureau de direction de la Coopérative des pêcheurs de Richibouctou-Village, Bobby Maillet.

Cette usine est en activité depuis très longtemps, elle qui a ouvert ses portes en 1939, année de fondation de la coopérative. Elle a brûlé en 1959, mais elle a aussitôt été reconstruite.

«Je suis surpris. Je ne pensais pas que nous étions rendus à ce point. Je pensais que nous avions mis de quoi en place qui faisait de l’allure, mais les membres ne voulaient plus mettre d’argent», a raconté Delphin Thibodeau, le gérant de cette usine pendant 22 ans.

Les employés transformaient du homard le printemps et du crabe commun l’automne. Cette usine, qui transformait des produits de la mer de 16 à 20 semaines par année, n’était pas équipée pour accueillir le homard de ses membres. Ces derniers pêchent le homard l’automne.

«Il aurait fallu investir, il y a environ 15 ans, afin de s’équiper pour être efficace», a fait savoir M. Thibodeau, qui a travaillé 31 ans sous ce toit.

Selon le directeur général de la coopérative, Gilles Richard, la situation économique américaine et la puissance du dollar canadien ont coulé leur navire.

«La marge de profit est tellement mince. Il aurait fallu faire du gros volume, mais nous ne sommes pas équipés pour cela. Nous avons tout essayé, mais ça n’a pas marché. Nous ne pouvions pas continuer à opérer dans le trou», a dit le directeur général.

La coopérative conserve toutefois son magasin d’équipement de pêche, situé à Richibouctou-Village, et ses bâtiments dans lesquels du poisson est salé puis entreposé à Cap-Lumière.

«C’est certain que cette nouvelle a secoué la communauté. Ce n’est pas quelque chose que nous voulions faire», a assuré Gilles Richard.

Les anciens employés de la coopérative ont maintenant un mois pour se dénicher un travail. Les usines environnantes, soit Captain Dan’s (Cap-Lumière), B.A. Richard (Sainte-Anne-de-Kent) et Village Bay Sea Products (Bedec), pourraient devenir des employeurs de choix.

«Toutes les usines se cherchent des employés. Certaines en font même venir des pays étrangers», a dit M. Richard. 

Delphin Thibodeau assure que plusieurs amis vivent un grand deuil depuis jeudi soir.

«Nous avions une bonne gang et ils avaient un bon patron, a-t-il dit en riant. Je remercie tous mes employés, mais je n’ai pas de contrôle là-dessus.»

L’usine pourrait être vendue ou louée.

«Si nous avons une offre raisonnable, elle sera considérée», a assuré Bobby Maillet.