Un vent de français souffle sur Miramichi

MIRAMICHI – Le français prend sa place plus que jamais à Miramichi. Un véritable vent de changement, signalent plusieurs intervenants.

«C’est un vent qui souffle un peu plus francophone que par le passé, et nous sommes très fiers de faire partie de ce vent de changement», a lancé l’entrepreneur et porte-parole du conseil communautaire Beausoleil, Brian Geneau, pour illustrer la situation au cours d’une soirée-conférence sur l’état de la francophonie et ses défis à Miramichi, en présence d’intervenants de partout en province, au Centre scolaire communautaire Carrefour Beausoleil, jeudi.

Le directeur général du Conseil communautaire Beausoleil, Sylvain Melanson, confirme cet énoncé. M. Melanson parle d’un contexte qui est maintenant bien différent pour expliquer cette ouverture de la communauté sur le fait français.

M. Melanson fait également remarquer que plusieurs restaurateurs qui lancent des travaux de rénovation rouvrent leur établissement avec des menus et des affiches bilingues pour accommoder la clientèle francophone, dont le poids économique n’est plus à ignorer avec plus de 130 millions $ par année.

Au-delà de l’importance économique, le directeur remarque que pour de plus en plus d’intervenants, francophones comme anglophones, il importe de faire un pas de plus pour la promotion des deux langues officielles à Miramichi.

Sylvain Melanson note également que les produits de consommation à saveur francophone et les produits culturels francophones et acadiens sont de plus en plus disponibles dans la ville. Il cite certains magasins qui ont maintenant des étalages complets de cartes de souhaits en français, et des commerçants qui vendent des disques francophones, dont un qui en fait jouer à l’extérieur de son magasin.

Un signe pour lui que le français a bien pris sa place à Miramichi.

«Les gens ne sont plus gênés de se promener dans la rue et parler en français. Et c’est bien respecté de l’autre communauté. On entend du français partout dans les commerces. Toute l’insécurité linguistique, nous avons passé par-dessus ça. Le contexte est vraiment propice», a-t-il relaté en entrevue.

«Les francophones de Miramichi, ce ne sont pas des âmes perdues sur l’autel de l’assimilation, de poursuivre M. Melanson. Nous sommes là, nous sommes en développement, en croissance. Même si le nombre de francophones diminue, le français occupe une plus grande place.»

Pour la prendre cette place, il a fallu s’adjoindre des modèles de la communauté anglophone, qui donnent l’exemple au sein des leurs, dans le cadre du programme Avantage Miramichi. Parmi ceux-ci se trouve Michael Mersereau, un anglophone bilingue et francophile qui dirige l’Association multiculturelle de Miramichi.

Au moyen des médias M. Mersereau a récemment lancé un appel aux entrepreneurs de la région pour les sensibiliser au besoin d’améliorer l’accueil bilingue, non seulement pour augmenter les chiffres d’affaires, mais pour attirer encore plus de nouveaux arrivants à Miramichi.

En entrevue, il précise qu’une telle approche favorisera l’immigration, et d’autre part, que les nouveaux arrivants recherchent souvent des environnements dans lesquels ils peuvent pratiquer les deux langues officielles.

Beaucoup de défis restent à relever

Il reste encore bien des défis à relever pour la communauté francophone de Miramichi.

Même s’il salue les récentes avancées concernant la place qu’occupe le fait français à Miramichi, le directeur général du Conseil communautaire Beausoleil (CCB), Sylvain Melanson, ne crie pas pour autant victoire, puisqu’il reste encore de nombreux défis.

Parmi ceux-ci se trouve celui de s’ouvrir davantage à la communauté et faire en sorte que plus d’intervenants francophones fassent partie de divers organismes et comités de la ville.

M. Melanson cite en exemple la Chambre de commerce, les résidences Mont-Saint-Joseph, l’Association régionale multiculturelle de Miramichi (ARMM), et l’organisme Miramichi Landing comme des partenaires avec lesquels le Conseil communautaire Beausoleil travaille, entre autres.

«Nous allons sortir d’ici pour faire des activités», affirme-t-il, en réponse à l’appel de certains intervenants de Miramichi qui invitent la communauté francophone à s’intégrer à la grande communauté de Miramichi.

C’est l’avis notamment du coordonnateur de l’ARMM, Michael Mersereau. Ce dernier salue la décision du CCB, de déplacer les festivités du 15 août plus près du centre-ville.

Une entreprise heureuse, puisque l’événement rallie autant les francophones que les anglophones, se souvient celui qui a été décoré du titre d’ambassadeur du programme Avantage Miramichi, lors de cette soirée à laquelle ont pris part des invités de marque, comme le commissaire aux langues officielles du N.-B. Michel Carrier, qui lui a remis son prix.

Pour ce qui est des autres défis, M. Melanson parle du besoin d’augmenter la fierté acadienne et le sentiment d’appartenance à la communauté francophone, en plus de faire la promotion de la vitalité francophone de Miramichi et travailler avec la communauté anglophone pour vendre le côté attrayant de la ville.
Des placements publicitaires et la présence à des événements publics à l’extérieur de Miramichi sont ainsi prévus, comme le Salon Péninsule 2012.