Codiac Transpo: pas de grève avant mercredi

MONCTON – Les usagers du transport en commun profitent d’un autre jour de répit alors que les syndiqués de Codiac Transpo et la Ville de Moncton y vont d’une nouvelle ronde de négociations.

Les représentants du Syndicat uni des transports ont acquiescé lundi à une demande du conciliateur provincial afin de tenir une nouvelle rencontre avec la municipalité.

«Nous sommes toujours ouverts à la discussion. Nous allons participer à cette rencontre mardi et avec le négociateur et la municipalité», a dit le président du syndicat, George Turple.

Le syndicat demeure tout même en mesure de déclencher la grève à tout moment à condition d’émettre un avis de 24 h à l’employeur.

Les 90 chauffeurs, mécaniciens et préposés au service d’entretien des véhicules de Codiac Transpo ont rejeté dimanche soir à 93 % la proposition de la Ville de Moncton.

«Ce n’est pas seulement une question de salaire, malgré ce qu’affirme la municipalité», a mentionné M. Turple.

Selon un document rendu public par la Ville de Moncton, les chauffeurs d’autobus reçoivent 21,50 $ l’heure depuis la fin de leur convention collective en juin 2010 (voir tableau). Ils demandent 26,50 $ à leur employeur qui leur offre plutôt 24,64 $. 

Il s’agit d’une proposition de 13,75 % d’augmentation versus une demande de 23 %.

Les heures supplémentaires, la période de préparation au départ avant chaque quart de travail et le vocabulaire d’une éventuelle convention collective sont toujours l’objet de désaccords, selon le représentant des travailleurs.

George Turple déplore toujours le comportement des négociateurs de la municipalité avec qui une entente en bonne et due forme avait été conclue précédemment.

«Nous avions une entente en décembre 2010 sur tous ces sujets, mais ils ont fait marche arrière. Nous ne voulons pas d’une grève. Ce n’est pas notre objectif, mais la Ville et ses négociateurs doivent accepter l’entière responsabilité de l’état des négociations en ce moment», a affirmé le porte-parole des travailleurs.

Selon le directeur des communications à la Ville de Moncton, Paul Thomson, la municipalité demeure ouverte aux négociations, bien qu’il soit peu probable qu’elle change d’avis sur les questions monétaires.

«La Ville est d’avis que son offre est compétitive en comparaison aux autres services de transport en commun des Maritimes. Cette offre est toujours sur la table et nous voulons que les membres du syndicat en comprennent tous les aspects. C’est une offre très généreuse», a indiqué M. Thomson.

Le maire de Moncton, George LeBlanc, a commenté prudemment lundi soir le conflit qui oppose sa municipalité aux travailleurs du Syndicat uni du transport.

«Je suis très déçu de voir les gens de Moncton, Dieppe et Riverview sous la menace d’une grève du transport en commun. Ça prend deux parties pour arriver à une entente, pas seulement une», a signalé l’échevin.

«Je respecte le travail des syndiqués de Codiac Transpo. Ils méritent un salaire équitable pour ce travail et c’est ce que nous voulons leur offrir. Nous ne voulons pas d’une grève. Je tends la main à nos amis du service des transports en commun afin d’éviter un conflit qui nuira aux gens de Moncton», a dit M. LeBlanc.

Le dernier arrêt de travail chez Codiac Transpo (Codiac Transit à l’époque) s’était produit en avril 2005. Les autobus étaient alors demeurés au garage environ un mois.

En 2011, les autobus de Codiac Transpo ont accueilli en moyenne 7000 passagers chaque semaine.