Les VTT ne sont pas les bienvenus sur la Véloroute

SHIPPAGAN – Les responsables de la Véloroute de la Péninsule acadienne partent en croisade pour que les sentiers et pistes cyclables soient préservés de la présence de véhicules motorisés.

Une partie des 350 kilomètres du tracé de la Véloroute de la Péninsule acadienne traverse des pistes de l’organisme Sentier NB (SNB). Ces 100 kilomètres constituent principalement l’ancien réseau de la voie ferrée de la région, qui a été acquis par la province pour éventuellement être géré par l’organisme provincial Sentier NB au cours des années 1990.

Les pistes de SNB sont administrées par l’organisme, et leur usage est réservé aux piétons, cyclistes et autres utilisateurs d’engins non motorisés. Ces acquis sont un peu remis en question par une demande formulée récemment par la Fédération des véhicules tout-terrains du N.-B. (FVTTNB) au gouvernement du N.-B. pour donner accès aux véhicules motorisés à ces sentiers. L’organisme fait également circuler une pétition en ce sens.

Par souci de sécurité pour les utilisateurs des sentiers de la Véloroute de la Péninsule acadienne, l’organisme a fait la demande au ministre des Ressources naturelles Bruce Nothrup de préserver la mission de ces sentiers et faire en sorte que leur utilisation soit interdite aux véhicules motorisés.

Faute d’obtenir réponse à leur demande, les porte-paroles de la Véloroute ont fait part publiquement de ces préoccupations lundi par le biais d’un point de presse. Pour le président, Serge Dugas, le projet de la Fédération des VTT ne tient pas la route, pour de simples raisons de sécurité.

«Est-il logique de penser que sur une surface utilisable de 15 pieds (de largeur), on puisse mettre plein de monde en mouvement, dont des motorisés à plus de 60 km/h et des enfants à pied ou à vélo? Où est la sécurité là-dedans?», a demandé le président Dugas.

Du côté de la FVTTNB, le directeur Jacques Poirier rétorque qu’en raison de contraintes environnementales et du refus de plusieurs propriétaires terriens de voir des VTT circuler sur leur propriété, l’organisme n’a d’autre choix par endroits que d’envisager un partage des sentiers de SNB.

Le directeur Poirier ajoute que les sentiers ne seraient partagés que sur quelques kilomètres, et qu’en d’autres endroits, ils pourraient être en parallèle, une solution que n’apprécie pas beaucoup la Véloroute.

M. Dugas signale qu’un projet pilote de partage de sentier sur une distance d’environ 2 km près de Shippagan en 2010 s’est avéré peu concluant, avec une piste régulièrement couverte de cailloux, ce qui a entraîné des incidents, dont une vilaine chute subie par une utilisatrice. Il ajoute que les cyclistes et piétons sont souvent intimidés par les VTT.

Pour résoudre le problème, les promoteurs de la Véloroute suggèrent de proposer des alternatives à la Fédération des VTT. Une offre à laquelle M. Poirier se dit ouvert.