Une nouvelle vision pour la cathédrale de Moncton

MONCTON – Est-il possible d’imaginer un jour la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption transformée en un musée de la résilience acadienne? Une voie à explorer qui pourrait sauver l’édifice patrimonial dominant la rivière Petitcodiac depuis plus de 70 ans, avance Marie-Linda Lord qui a dirigé la publication du récit historique de la cathédrale de Moncton.

La vice-rectrice aux affaires étudiantes et internationales de l’Université de Moncton a lancé cette idée, lundi, lors du lancement de l’ouvrage, La cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption: Monument de la Reconnaissance, de l’auteur Robert Pichette, à la chapelle Notre-Dame-d’Acadie, bondée pour l’occasion. Mme Lord propose de regarder l’édifice au-delà du lieu de culte.

«Oeuvre de résilience, la cathédrale Notre-Dame-de-l’Acadie est à l’image de l’Acadie. C’est peut-être sur cette voie que la communauté acadienne devrait s’engager pour abriter un jour un musée de la résilience qui deviendrait un attrait majeur pour toute la province», a déclaré l’ancienne directrice de la Chaire de recherche en études acadiennes.

Mme Lord a rappelé que le peuple acadien s’est démarqué par sa grande capacité de résilience. Elle propose donc d’en faire la thématique d’un musée qui pourrait aussi accueillir des expositions itinérantes traitant de ce sujet.

«Ça se fait. Il y a des fonds qui existent pour ça au niveau des gouvernements», a poursuivi Mme Lord, soulignant qu’il s’agit là d’un beau projet collectif.

«Nous avons Grand-Pré comme mémorial sur la Déportation, la Dispersion et le Grand Dérangement, mais nous n’avons rien pour la résilience», a-t-elle poursuivi.

L’archevêque de l’archidiocèse de Moncton, Mgr André Richard, qui s’est dit ouvert à cette possibilité, considère qu’en créant des partenariats avec d’autres organismes, il serait sans doute possible de sauver la cathédrale.

«Comme lieu de culte, on n’a pas un besoin urgent de la cathédrale. Il y en a en quantité des édifices plus faciles à entretenir que celui-là. Les autres possibilités, d’après moi, sont ouvertes. Il n’y a personne qui peut dire non à un projet comme ça quand il s’agit de conserver un édifice de cette valeur-là.»

En ce moment, il ne se passe rien, a-t-il rappelé. Le coût de restauration de l’édifice est estimé à 7 millions $.

«On sait que le public ne l’appuie pas puisque nous avons fait une étude de faisabilité et le gouvernement non plus. Nous (l’archidiocèse) nous n’en avons pas les moyens, à moins qu’il y ait des partenariats qui se déclarent avec des organismes patriotiques, artistiques ou même d’affaires», a mentionné Mgr Richard, espérant que le livre mettra en œuvre un mouvement pour sauvegarder la cathédrale.

L’architecte John Leroux, spécialiste de l’architecture du Nouveau-Brunswick qui a signé le prologue de cet ouvrage, considère qu’il est primordial de sauvegarder et de réparer la cathédrale.

«C’est un des édifices les plus importants de tout l’est du Canada. Pour moi, c’est notre tour Eiffel et ça vaut la peine de la garder et de la réparer pour nos enfants et le futur», a-t-il exprimé.

Marie-Linda Lord a fait savoir que la cinéaste Ginette Pellerin travaille actuellement à la réalisation d’un documentaire sur la cathédrale qui sera diffusé éventuellement à Radio-Canada. Le tournage devrait se faire bientôt.