Des faucons pèlerins ont élu domicile au centre-ville de Moncton

MONCTON – La communauté naturaliste de Moncton soupçonnait depuis au moins quatre ans qu’un couple de faucons pèlerins nichait au centre-ville de la cité. La preuve est maintenant faite alors qu’une paire de ces oiseaux de proie couvent quatre œufs au sommet de la Place de l’Assomption.

Avec l’aide du ministère des Ressources naturelles et la communauté de naturalistes du Grand Moncton, un nichoir avait été installé sur la corniche du toit de l’édifice de 20 étages en mars 2011. Cependant, le couple avait décidé d’élire domicile ailleurs. Or, cette année, l’immeuble de l’Assomption, le plus haut du centre-ville, est officiellement devenu l’endroit de reproduction de ces prédateurs qui, autre fois, étaient sur la liste des espèces en voie de disparition.

«Il n’y a rien comme avoir un nichoir avec des œufs dedans pour donner une preuve de nidification», souligne d’un ton passionné Alain Clavette, spécialiste de l’espèce.

S’il y a quatre œufs dans le nid des faucons du centre-ville, cela ne veut pas dire que les quatre survivront, prévient M. Clavette qui documente l’oiseau de proie depuis plusieurs années.

«Si jamais ils réussissent à amener les quatre au stage du premier vol, ce sera exceptionnel. Normalement, il va en avoir un, deux et peut-être même trois qui vont mourir», explique celui qui est aussi chroniqueur à l’émission Shift de CBC.

De plus, un seul couple de faucons pèlerins peut trôner sur un territoire d’environ 17 km/h de diamètre. Ainsi, lors que les jeunes seront en âge, leurs parents vont les jeter hors du cocon familial.

«Ils pourraient être tolérés dans ce territoire pour la saison hivernale, si les parents restent ici. L’unité familiale va devenir très décousue à ce moment-là. Au printemps, si les jeunes essaient de revenir dans le coin, ils vont se faire chasser par les adultes», avance M. Clavette.

Ce territoire est d’ailleurs excellent pour cet ultime chasseur. La rivière Petitcodiac procure au faucon la nourriture dont il a besoin. Ce que ça mange? Le faucon pèlerin se nourrit d’oiseau, surtout de pigeons.

«C’est un oiseau de proie qui s’attaque strictement à d’autres oiseaux qui sont en vol. Ils ne vont pas manger des oiseaux morts. Ils ne vont pas s’attaquer aux chiens, aux chats et aux enfants des citoyens», assure le naturaliste.

Le faucon ne laisse aucune chance à sa victime. Il descend du ciel à environ 250 km/h pour assommer sa proie. Il effectue ensuite une boucle pour rattraper avec ses griffes acérées l’oiseau inconscient en chute libre. Simplement, les nombreux pigeons du centre-ville n’ont aucune chance.

L’Assomption Vie accueille très bien ses nouveaux locataires. L’entreprise acadienne fait tout ce qui est dans son possible pour leur offrir environnement propice à leur bien-être.

«Nous espérons, en leur offrant un endroit sécuritaire pour procréer, que nos nouveaux locataires décideront de signer un bail de plusieurs années avec nous», a déclaré Nathalie Allaire, directrice des communications chez Assomption Vie.

Il est même question que M. Clavette offre des présentations cet été au public à l’heure du lunch.