De l’expérience et du sang neuf

CARAQUET – La soirée des élections municipales, lundi soir, a été à l’image de la campagne électorale qui l’a précédée: chaudement disputée et remplie de rebondissements dans plusieurs localités du Nouveau-Brunswick, y compris à Dieppe, où l’ancien maire Yvon Lapierre revient au pouvoir; à Edmundston, où le nouveau venu Cyrille Simard déloge l’expérimenté Jacques Martin et à Caraquet, où Kevin Haché prend les rênes dans un climat de tension suscité par des allégations de fraude.

Dans ces trois municipalités, la campagne électorale a été fort mouvementée, tellement que les rumeurs de toutes sortes et les coups bas ont souvent pris le dessus sur les promesses des candidats. D’autres luttes ont été intéressantes, même si elles n’ont pas retenu autant l’attention. D’anciens maires reviennent au pouvoir, à Dieppe, Lamèque et à Balmoral, notamment. Voici un survol des faits saillants de la soirée de lundi dans les différentes régions de la province:

À Dieppe, la plus grande communauté acadienne de la province a décidé de refaire confiance à l’ancien maire Yvon Lapierre, qui avait dirigé la Ville de 1997 à 2005. Il l’a emporté avec une avance confortable sur sa plus proche rivale, Hélène Boudreau, qui était auparavant conseillère. Les citoyens de la municipalité qui connaît le plus grand essor de la province n’ont manifestement pas été influencés par le feuillet non signé qui a été livré par la poste et qui reprochait entre autres à l’ancien maire d’avoir fait gonfler la dette de la Ville et d’avoir fait preuve de favoritisme dans l’octroi des contrats à l’époque, ce qu’il a nié de façon non équivoque.

À Moncton, le maire George LeBlanc a été réélu, ne faisant qu’une bouchée de son opposant Carl Bainbridge.

À Edmundston, l’entrepreneur Cyrille Simard a eu le dernier mot face au maire sortant Jacques Martin, après une campagne où le ton a été assez virulent. M. Martin et certains de ses partisans ont notamment remis en question la légitimité de M. Simard, alléguant qu’il n’habite pas à l’intérieur des limites de la ville depuis au moins six mois, comme le stipule la loi. Après une courte enquête, Élections NB a finalement jugé qu’il était admissible, puisqu’il loue depuis juillet 2011 le condo de sa belle-mère à Edmundston. Au cours de la campagne, M. Simard a notamment reproché au maire sortant de ne pas avoir doté la municipalité d’un plan de relance en cas de fermeture de l’usine Twin Rivers, le plus important employeur privé de la région, qui est à vendre après avoir reçu des millions de dollars en subvention des gouvernements.

Le conseiller Kevin Haché aura finalement eu le dessus sur son principal adversaire, le fonctionnaire à la retraite Clarence LeBreton, à Caraquet. Après des semaines plutôt rocambolesques, où des allégations de fraudes et de conflits d’intérêts se sont succédé à l’hôtel de ville, – et où un troisième candidat à la mairie se disait journaliste sans jamais avoir été publié ou diffusé – les citoyens ont offert une courte victoire à l’ancien maire adjoint de la Ville. L’une des premières tâches de M. Haché sera sûrement de soigner l’image et la crédibilité du conseil municipal, qui a été mis à mal, à tort ou à raison. L’avenir – ou la GRC – nous le dira.

La deuxième fois n’aura pas été la bonne pour James Risdon, qui a encore mordu la poussière face au maire sortant Stephen Brunet à Bathurst, qui l’emporte par une marge écrasante, tout comme ce fut le cas lors de leur premier duel, en 2008. Jamais deux sans trois?

À Lamèque, Réginald Paulin, un vieux routier de la politique municipale, a pris sa revanche sur le maire sortant Rénald Haché. Les deux adversaires se sont encore livré une chaude lutte. M. Paulin l’a emporté par moins de 100 votes. En 2008, il avait été battu par 14 voix.

Charles Bernard est de retour à la mairie de Balmoral. Il a distancé son seul adversaire, Albert Levesque. M. Bernard a été maire du village de 1994 à 1999.

À Saint-Louis-de-Kent, Danielle Dugas a réussi un tour de force en détrônant Louis Arseneault.

M. Arseneault a été maire du village pendant 35 ans (en deux séquences).

Quelque 553 000 Néo-Bruns­wickois étaient appelés aux urnes. Le taux de participation n’était pas connu au moment de mettre sous presse.