À peine 40 % des électeurs ont voté

BATHURST – Seulement 40 % des électeurs néo-brunswickois ont exercé leur droit de vote. Ce sont surtout dans les villes et villages francophones que les taux les plus élevés ont été enregistrés.

Un peu plus de 550 000 électeurs étaient appelés à voter pour leurs maires et conseillers municipaux, conseillers d’éducation de district et membres des régies régionales de la santé. Le taux de participation lors de ces élections a connu une légère baisse, comparativement à 2008. Il y a quatre ans, il était de 48 %, mais ce chiffre n’englobait que les votes pour les municipalités.

«Si on inclut le tout, le taux de participation était de 42 % en 2008. Cette fois-ci, c’est sous la barre des 40 % (39,93 %). Il n’y a pas de quoi se réjouir parce que dans les deux cas, ce sont de très faibles taux. Et même si le vote par anticipation était deux fois plus important que la dernière fois, ça n’a pas empêché le déclin des résultats finaux. Mais le bas taux n’est pas propre au Nouveau-Brunswick. Dans toutes les provinces canadiennes, le taux de participation aux élections municipales a toujours été faible, sous la barre des 50 %, voire des 40 %», a exprimé Roger Ouel­lette, politologue à l’Université de Moncton.

«Au Nouveau-Brunswick, il peut y avoir des affiliations d’individus au niveau provincial, mais il n’y a pas vraiment de partis politiques municipaux. Une des fonctions des partis politiques est de faire sortir le vote, pour reprendre l’expression. La machine des partis arrive à mobiliser, à inciter les gens à voter. Ce phénomène est beaucoup moins accentué dans le monde municipal. C’est donc en partie une explication au faible taux», explique M. Ouellette.

Il faut dire que les candidats pour la politique municipale ne se bousculent pas aux portes non plus. Cette année, 44 maires ont été élus sans opposition.

Les électeurs ont toutefois largement exercé leur droit de vote dans certaines régions, notamment parmi celles qui sont francophones. Dans la petite localité de Saint-Léolin, dans la Péninsule acadienne, presque tous les électeurs ont voté puisque le taux de participation se chiffre à 84,49 %. Même observation à Sainte-Anne-de-Madaswaska, dans le Nord-Ouest, où 82,99 % des gens se sont prononcés. Maisonnette et Kedgwick ne sont pas en reste avec respectivement 80,08 % et 79,57 % de votants.

À titre de comparaison, la participation à Moncton n’a été que de 32,99 % et le score de Fredericton s’élève à 40,08 %. À Shediac, le taux de participation n’a atteint que 25,57 %.

La tendance selon laquelle les électeurs se mobilisent davantage dans les régions rurales que dans les centres urbains n’est pas nouvelle, selon le politologue.

«Même lors des élections provinciales, de manière traditionnelle, les gens votent plus dans les régions rurales versus les régions urbaines», a affirmé Roger Ouellette.

Lundi soir, la publication des résultats par Élections Nouveau-Brunswick s’est avérée lente, en raison du nombre plus important de bureaux de scrutin.

«En 2008, nous avions seulement 323 bureaux de vote. Cette année, nous avons ajouté 225 bureaux, principalement dans les communautés rurales. À cause de cela, il y a eu beaucoup plus de données. Mais nous avons fini vers la même heure qu’il y a quatre ans. Le dernier résultat a été transféré ici (à Fredericton) aux environs de 23 h 45», a précisé David Owens, le directeur général adjoint d’Élections NB.

Le Nouveau-Bruns­wick comprend 105 municipalités et communautés rurales.