Les électeurs du Grand Caraquet ont choisi le changement

CARAQUET – Les électeurs du Grand Caraquet ont osé le changement lors des élections municipales de lundi soir. La vague de renouveau a d’ailleurs frappé la plupart des municipalités de la région, à l’exception de Bas-Caraquet et de Bertrand, qui ont réélu par acclamation leurs maires respectifs ainsi que la plupart de leurs conseillers municipaux.

La vague de changement a bien sûr déferlé sur Caraquet, où l’avocat et conseiller municipal sortant Kevin Haché a été élu sans encombre à la tête de la municipalité. Le candidat a battu Clarence LeBreton, considéré comme un proche de l’ancienne administration municipale. De plus, le conseil municipal compte six nouveaux conseillers. Seuls Jean-Guy Blanchard (quartier 1) et Yves Roy (quartier 2) ont été reconduits dans leurs fonctions. L’autre conseillère du quartier 1, Gertrude Landry, ne sollicitait pas de nouveau mandat.

Mais la saison du renouveau a surtout frappé le triangle Maison­nette, Grande-Anse et Saint-Léolin.

Les citoyens de Maisonnette ont élu celui qui est selon toute vraisemblance le plus jeune maire au Canada, Jason Godin, qui a célébré ses 19 ans à la fin janvier. Le conseil municipal a également été renouvelé, à l’exception de René Poirier qui conserve son poste. L’autre conseiller sortant se représentant aux élections, Jean-Luc Lacombe, a quant à lui été défait.

Les anciennes administrations municipales de Grande-Anse et de Saint-Léolin ont quant à elles subi des balayages en règle. Les maires des deux villages, Roméo Thériault et Joseph Lanteigne, ont subi sans équivoque le verdict de leurs électeurs, qui leur ont préféré Yves Létourneau et Mathieu Chayer. Les deux nouveaux maires se retrouveront chacun avec de nouveaux élus autour de la table de leur conseil respectif.

Qu’est-ce qui explique cette vague de changement? Le nouveau maire de Caraquet, Kevin Haché, avoue être agréablement surpris de l’ampleur que celle-ci a prise dans la municipalité comme dans d’autres localités de la région. Il croit cependant que l’un des éléments de réponse se trouve dans les taux de participation. Trois municipalités du Grand Caraquet figurent au top 5 du nombre de votes enregistrés, avec Saint-Léolin en tête (84,49 %), suivi de Sainte-Anne-de-Mada­waska (82,99 %), de Maisonnette (80,08 %), de Kedgwick (79,57 %) et de Caraquet (78,15 %).

«Je pense que les gens voulaient se faire entendre. J’ai vu beaucoup de jeunes familles entrer dans les bureaux de vote lors de ma visite dans la journée d’hier (lundi). Je pense qu’elles voulaient envoyer un message et être certaines qu’il serait entendu», souligne le maire Haché.

Le nouveau maire de Saint-Léolin, Mathieu Chayer, a lui aussi remarqué une plus grande affluence de jeunes dans les bureaux de scrutin. Il croit également que les villageois voulaient apporter du positif à leur localité, le village ayant subi quelques coups durs au cours des dernières années.

«Ça faisait quand même longtemps que nous avions le même conseil municipal. Je pense que les gens voulaient juste avoir du changement, d’autant plus qu’il y a eu beaucoup de négatif dans les dernières années», estime le maire Chayer.

Son adversaire, l’ancien maire Joseph Lanteigne, défait lundi soir, croit par contre que la campagne «négative» qu’ont menée les candidats de «l’équipe Mathieu Chayer» a cependant pu jouer un rôle dans le renouvellement du conseil municipal du village.

«Je ne suis pas surpris de cette vague de changement. Il y avait une équipe de sept candidats autour de mon adversaire. Ç’a probablement pu aider à son élection comme à la leur. Mais je sors la tête haute. J’ai mis Saint-Léolin sur la carte et je remercie tout le monde pour son soutien pendant toutes ces années. Je suis prêt à tourner la page», exprime Joseph Lanteigne.

Le maire déchu de Grande-Anse, Roméo Thériault, ne regrette pas lui non plus d’avoir été évincé par la population lundi soir.

Il considère avoir beaucoup donné en 17 ans passés au conseil municipal de son village, dont 11 à titre de maire.

«J’ai essayé de faire de mon mieux. Je ne sais pas trop ce qui s’est produit lundi soir, mais au moins j’aurai plus de temps à consacrer à mes petits-enfants. Être maire, ça demande beaucoup de temps, particulièrement les soirs et les fins de semaine, vous savez», mentionne M. Thériault sur un ton paisible.