Changements à l’assurance-emploi: accueil positif du patronat

FREDERICTON – La directrice générale du Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CÉNB), Anne Hébert, comprend que les nouvelles dispositions au régime de l’assurance-emploi soulèvent du mécontentement dans la province.

Toutefois, selon elle, ce régime, dans sa forme actuelle, a eu des effets pervers sur le marché du travail dans les régions où une partie importante des emplois sont saisonniers, dont personne n’osait parler.

«Tout le sujet de l’assurance-emploi a longtemps été tabou», dit Mme Hébert.

Elle explique que les employeurs et les employés ont adopté, sans nécessairement le vouloir, le rythme économique du travail saisonnier.

«Les employeurs, s’ils voulaient garder leurs employés saisonniers, ils devaient jouer le jeu. Et il n’y avait personne qui osait parler de ce programme-là (l’assurance-emploi) en mal. Aujourd’hui, les employeurs, nos membres, ont moins peur de nous dire que le programme commence à être un obstacle à leur croissance, qu’on met des projets de côté parce qu’on ne peut pas trouver des gens. Ce n’est pas uniquement relié à l’assurance-emploi, mais l’accès à la main-d’œuvre est la préoccupation numéro un», précise Anne Hébert.

Elle ajoute que lors de la réforme majeure de ce qui s’appelait alors l’assurance-chômage, dans les années 1990, il y a eu presque immédiatement une baisse significative du taux de décrochage scolaire dans les régions où le programme était le plus utilisé.

Mme Hébert note aussi que le niveau d’instruction est aussi un obstacle à l’emploi.

Elle constate que plus on s’éloigne des grands centres, moins le niveau d’instruction est élevé.

«Et ça, c’est la réalité dans toutes les régions non incorporées du Nouveau-Brunswick», fait-elle remarquer.

De son côté, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) fait écho aux propos de la directrice générale du CÉNB et dit que les changements annoncés à l’assurance-emploi vont aider à pourvoir des postes vacants.

«La pénurie de main-d’œuvre qualifiée est un problème qui concerne toutes les PME du Canada, et non pas uniquement celles de l’Ouest canadien. La situation est plus alarmante en Saskatchewan, mais plus de la moitié de nos membres en Nouvelle-Écosse, à Terre-Neuve-et-Labrador et au Québec signalent également avoir des problèmes de recrutement», affirme Martine Hébert, vice-présidente de la FCEI pour le Québec.

Selon la FCEI, au premier trimestre de l’année 2012, 46 % des PME canadiennes ont déclaré avoir de la difficulté à trouver les travailleurs dont ils ont besoin pour mettre leurs produits en marché ou offrir leurs services.

«Dans le cadre du régime actuel, 22 % des propriétaires de PME disent avoir des problèmes d’embauche étant donné que les travailleurs potentiels préfèrent continuer de percevoir des prestations d’AE plutôt que de travailler. Les employeurs conviennent que l’AE devrait venir en aide aux travailleurs qui ont perdu leur emploi malgré eux, mais ils s’opposent à ce que ceux qui décident de ne pas travailler se servent du régime pour profiter de “congés payés”. La réforme annoncée aujourd’hui est un premier pas pour rétablir l’équilibre du régime d’AE», estime Martine Hébert.