Il démissionne avant son assermentation

SAINTE-ANNE-DE-MADAWASKA – Le nouveau mandat du maire réélu par acclamation à Sainte-Anne-de-Madawaska, Guy Bellefleur, n’aura pas duré une seule minute. Le principal intéressé a remis sa démission tout juste avant l’assermentation du nouveau conseil municipal vendredi soir.

Le dernier mandat au conseil municipal de Sainte-Anne-de-Madawaska a été marqué par un lock-out de 10 mois décrété par la municipalité envers ses trois employés municipaux syndiqués. Durant cette période, l’un d’eux a quitté ses fonctions pour occuper un travail ailleurs. Les deux autres ont apposé leur signature sur une nouvelle convention collective en avril 2011.

Ce conflit semble avoir laissé des cicatrices profondes. Véritable coup de théâtre vendredi soir alors que M. Bellefleur a choisi de remettre sa démission avant l’assermentation. Il soutient qu’il a senti que cela semblait vouloir hanter le fonctionnement municipal.

Ce conflit semble avoir laissé des cicatrices profondes. Sentant qu’il allait hanter le fonctionnement municipal, M. Bellefleur a choisi de remettre sa démission. Actuellement, un seul employé effectue le travail, sur une période prévue de six mois, alors que l’autre a été placé en disponibilité.

«Je pensais qu’on irait vers l’avant et qu’on passerait à autre chose. Mais dès nos premières rencontres, le nouveau conseil a parlé d’embaucher des employés supplémentaires en disant qu’il y a trop de travail pour une seule personne. Pourtant, je l’ai fait pratiquement seul durant 10 mois. J’ai senti que cela ralentirait le village au lieu de le faire progresser», a dit M. Bellefleur.

Lors de la dernière élection municipale, un seul des candidats se présentant sous l’équipe Guy Bellefleur a été élu, soit Homeril (Prill) Corbin. Il a aussi choisi de remettre sa démission. Il ne cache pas non plus que l’un de ses objectifs était d’abolir le syndicat local.

«Deux des conseillers sont des membres du Syndicat canadien de la fonction publique dans leur travail et un autre est celui qui l’a mis en place ici auprès de la localité. Je sentais que je ne pourrais pas travailler avec ces gens-là. Ils auraient eu le beau rôle alors que j’aurais dû prendre les blâmes», a-t-il ajouté.

Guy Bellefleur a été maire durant trois ans afin de terminer le mandat amorcé par son prédécesseur, Rodolphe Martin, qui avait lui aussi remis sa démission moins d’un an après son entrée en fonction.

«Je suis fier d’avoir réussi à réduire le déficit de la municipalité et déçu en même temps de la tournure des événements. Je vais maintenant penser à moi. La municipalité s’arrangera avec ses problèmes», a lancé M. Bellefleur.

Selon la loi, une élection complémentaire peut être tenue six mois après une démission. Elle surviendra plus tard cette année. Jean-Louis Francoeur agira comme maire intérimaire d’ici là.