Le peintre Roméo Savoie victime d’une escroquerie

GRAND-BARACHOIS – Un tableau de l’un des plus grands peintres acadiens, Roméo Savoie, aurait été dérobé. L’artiste soutient avoir été victime d’une escroquerie à son domicile à Grand-Barachois.

Il y a environ deux semaines, Roméo Savoie a reçu la visite d’un homme à son atelier qui s’est présenté comme étant un professeur au Département des sciences de l’Université de Moncton. Ce dernier voulait acheter une peinture de l’artiste.

«Je l’ai laissé entrer et il a choisi un tableau, et il m’a demandé s’il pouvait m’envoyer un chèque de chez lui et j’ai dit oui pas de problème. Étant donné qu’il était professeur à l’Université de Moncton, je lui ai fait confiance», a raconté Roméo Savoie, qui s’apprête à déposer une plainte à la GRC.

L’homme en question est parti avec le tableau sans le payer. Par la suite, Roméo Savoie n’a plus eu de nouvelle de son acheteur potentiel. Une semaine plus tard, Roméo Savoie est allé au Département des sciences à l’Université de Moncton pour essayer d’entrer en contact avec cet homme. À l’administration de l’université, on lui a répondu qu’on n’avait jamais entendu parler de cet individu ni comme professeur ni comme étudiant. L’individu aurait disparu de la circulation avec le tableau qui mesure quatre pieds sur quatre pieds. L’oeuvre s’intitule Éventail (J) et sa valeur est estimée à environ 5000 $, d’après l’artiste.

«C’est un hommage à la série d’éventails que j’ai faite», a mentionné Roméo Savoie, qui a créé une vingtaine de séries différentes. Un moment donné, il s’est mis aussi à réaliser des tableaux hommage aux séries. C’est la première fois qu’un incident du genre lui arrive en 45 ans de peinture.

«C’était un jeune homme âgé de 25 à 35 ans qui paraissait bien. Il était habillé de noir, avec une belle chemise blanche et une cravate. Il conduisait une camionnette neuve. Il avait l’air de quelqu’un de bien. Je l’ai accepté chez moi comme si c’était un professeur à l’université.»

C’est très rare que des oeuvres soient volées au Nouveau-Brunswick.

«Ça arrive à Paris, dans de grandes villes, mais je n’ai jamais entendu dire que quelqu’un voulait voler un Savoie», a ajouté Roméo Savoie, qui a fait circuler l’information dans les musées des Provinces maritimes et certaines galeries d’art qui le représentent. Des collectionneurs privés et des artistes ont également diffusé l’information sur Internet afin de tenter de retrouver la peinture disparue.

«Le tableau était sur mon mur. Pour moi, c’est un peu comme perdre un ami, un enfant. Il n’y a plus qu’un trou noir maintenant. C’est triste plus qu’autre chose», a ajouté Roméo Savoie.