«Les Québécois ne sont plus au rendez-vous»

CAP-LUMIÈRE – Malgré le départ canon de la saison touristique au Parc national Kouchibouguac pendant la longue fin de semaine de mai, les experts ne s’attendent pas à un été à tout casser dans Kent.

Le président de l’Association touristique de la région de Kent, Jean-Charles Allain, se dit «un peu» optimiste, même si les signes ne sont pas favorables.

Traditionnellement, les Québécois en quête de plages sablonneuses représentent une part importante des touristes chaque été dans Kent.

«Les réservations se font tranquillement. Les Québécois ne sont plus au rendez-vous», a dit M. Allain.

Le prix de l’essence et la valeur du dollar canadien sont encore montrés du doigt. L’an dernier, la plupart des attractions ont connu une baisse de 15 % à 25 % d’achalandage.

«Plusieurs touristes québécois préfèrent aller à New York, à Old Orchard ou au New Hampshire. En allant aux États-Unis, ils font d’une pierre deux coups. Ils vont à la plage et ils vont magasiner. C’est beaucoup moins cher», a-t-il indiqué.

La région de Kent a récemment perdu deux attraits touristiques, soit Hudson Oddities, de Richibouctou-Village, où l’on trouvait des créations en verre de mer, et Seawind Buffalo Ranch, de Saint-Pierre-de-Kent, où l’on pouvait voir des bisons. Quelques nouveautés, dont un écomusée de la forge à MacDougall, s’ajoutent à l’offre touristique.

Dans cette région, qui mise d’abord sur ses atouts naturels, comme ses plages, la température jouera encore un rôle déterminant.

«Si nous avons un été chaud, ça pourrait être une saison raisonnable. Des canicules à Montréal, à Ottawa et à Toronto aident également notre cause. Mais il faut aussi développer notre marché local», a raconté Jean-Charles Allain.

La saison 2011, marquée par du temps pluvieux, a été particulière, au dire de M. Allain, qui est propriétaire d’un gîte à Baie-de-Bouctouche.

«En 12 ans, j’ai connu le pire mois de juillet de mon histoire et le meilleur mois de septembre. Le tourisme change», a-t-il remarqué, tout en soulignant que la région voit de plus en plus d’Européens.

Chez Little Big Bear Safari, à Acadieville, les prévisions sont excellentes. «L’an dernier, au même moment, nous avions des réservations pour 35 à 40 personnes. Cette année, nous en avons déjà presque 150», selon Vivianne Goguen, une des responsables de cette entreprise.

Cette saison, les visiteurs auront la chance de voir une dizaine d’oursons et quatre mamans ours.

«Nous sommes gâtés par Tou­risme NB, qui fait beaucoup notre promotion en Europe, où il n’y a presque plus d’animaux. Nous sommes très populaires, surtout en France», a dit Mme Goguen.

Au Pays de la Sagouine, à Bouc­touche, les employés s’attendent à une bonne saison, après en avoir connu une décevante en 2011 (baisse de 15 % du nombre de visiteurs). Les portes ouvriront le 24 juin.

«C’est notre 20e anniversaire et ça sera une grande célébration. Nous misons sur le marché local et régional. Nous avons fait des événements régionaux au cours des derniers mois, entre autres à Saint-Jean, à Halifax, à Moncton et à Shediac», a raconté le directeur du marketing, Jérome Lussier.

Au Camping Cap-Lumière, les nouveaux propriétaires veulent promouvoir leur entreprise localement.

«Nous avons déjà des réservations de Montréal, Québec et Frede­ricton, mais nous ne sommes pas vraiment reconnus dans notre région. Nous allons essayer de nous faire connaître davantage en faisant plus de publicité», a expliqué Lynn Arseneault.

À la plage Katia, à Saint-Édouard, les responsables souhaitent également un achalandage à la hausse.

«Ce fut moyen en 2011. Nous n’avons pas encore beaucoup de réservations. Habituellement, nous accueillons des touristes de l’extérieur, dont un peu de l’Ontario et des États-Unis. C’est un peu plus tranquille ici qu’à Shediac. Le prix de l’essence fait en sorte que les gens voyagent moins et ça prend de la belle température pour les attirer», a conclu Diane Duplessis.