Saison touristique: des attentes modestes

CARAQUET – Échaudés par une saison touristique difficile l’an dernier, les responsables du secteur touristique tempèrent leur enthousiasme à l’approche de l’été. Ils ont abattu du gros travail au cours des derniers mois pour tenter d’améliorer la situation, mais ils savent aussi qu’ils sont à la merci de facteurs sur lesquels ils n’exercent aucun contrôle, comme le prix du pétrole, le taux de change et, surtout, la météo. Ils se croiseront donc les doigts, en regardant vers le ciel.

Plusieurs ont en mémoire l’été 2011 et ses longues séries de journées de pluie qui ont donné des maux de tête à certains intervenants de l’industrie touristique dans la province. La saison avait été exécrable, à l’image de la météo. Ni trop bonne, ni trop mauvaise pour certains, catastrophique pour d’autres.

«On ne parle jamais trop \ de la température \ la pluie et le beau temps \ c’est pas banal», chante l’auteure-compositrice-interprète Ariane Moffat dans son plus récent succès. Une chanson que connaissent bien les travailleurs de l’industrie touristique, mais sous un autre air.

À cet effet, les plus optimistes estiment que les chiffres devraient être au moins équivalents à ceux de l’an dernier. C’est tout dire, puisqu’aucun record, loin de là, n’a été battu en 2011. Les attractions touristiques intérieures avaient nettement eu l’avantage sur celles extérieures, ce qui avait favorisé la région du Sud-Est, notamment.

«Tout va dépendre de la température. On est toujours à la merci de la météo. Ce n’est pas compliqué», affirme le gérant de l’hôtel Super 8 de Caraquet, Éric Normandeau, en ajoutant que le nombre de réservations qu’il a à l’heure actuelle n’est pas plus élevé qu’à pareille date l’an dernier.

Au centre Villégiature Deux Rivières, de Tracadie-Sheila, le son de cloche est quelque peu différent, puisque les clients réservent les chalets plus tôt. La directrice par intérim, Rita Arseneault, note que les réservations vont bon train. Elle dit toutefois s’attendre à une saison semblable à 2011, alors que les réservations avaient chuté de 15 %.

Bien malin qui peut toutefois dire quels seront les véritables chiffres. Du côté des organismes, comme la Commission du tourisme acadien du Canada Atlantique (CTACA), le directeur, Robert Landry, soutient qu’avec les nouveaux outils technologiques, les visiteurs peuvent rapidement revoir leur itinéraire en fonction des prévisions météorologiques qu’ils captent sur leurs téléphones intelligents et tablettes électroniques.

À l’Association de l’industrie touristique du Nouveau-Brunswick (AITNB), le directeur, Réal Robichaud, insiste sur le fait que la température n’est pas le seul facteur, même s’il reconnaît l’impact du mauvais temps. Le directeur précise que plusieurs indicateurs laissent entendre que la saison qui s’amorce pourrait être meilleure que l’an dernier.

M. Robichaud ajoute par exemple que les visiteurs dans les salons auxquels le Nouveau-Brunswick était inscrit ont démontré plus de réel intérêt à se rendre dans la province. Il cite notamment des adeptes des véhicules motorisés, qui ont demandé des itinéraires établis, comprenant le tracé et des activités suggérées.

De son côté, le directeur de la CTACA, Robert Landry, mentionne que les tendances en matière de destinations touristiques traversent des cycles, en évoquant les indicateurs actuels (coût de l’essence, taux de change), qui sont sensiblement les mêmes qu’en 2011.

M. Landry précise que si les touristes peuvent opter pour des destinations différentes en raison de ces facteurs pendant une année ou deux, il est possible que les visiteurs cherchent à nouveau d’autres destinations et se dirigent vers la province cette année.

Pour l’instant, nul ne le sait vraiment. Tous espèrent une belle saison. Il restera à voir ce qu’il en sera réellement.

«Est-ce que tout ça va se dérouler comme prévu? On l’espère», de conclure le directeur de l’AITNB, Réal Robichaud.