Prêtre pédophile à Cap-Pelé: l’Église savait depuis 1997

DIEPPE – L’Église catholique était au courant depuis 1997 des actes répréhensibles commis par un prêtre du village de Cap-Pelé.

Une nouvelle victime du père Camille Léger est passée aux aveux, lundi soir, sur les ondes de Radio-Canada.

Normand Brun a affirmé avoir reçu une indemnisation de la part de l’archidiocèse de Moncton en 1997 en réparation pour les mauvais traitements de nature sexuelle qu’il a subis aux mains du prêtre alors qu’il n’avait que 10 ans.

L’homme qui vit aujourd’hui à Vancouver, en Colombie-Britannique, a raconté avoir rencontré l’archevêque de l’époque, Mgr Ernest Léger, pour obtenir l’argent nécessaire pour payer l’aide professionnelle dont il avait besoin après avoir porté son secret pendant près de 40 ans.

Selon ce qu’a rapporté le diffuseur public, M. Brun est reparti chez lui le lendemain, un chèque à la main, après avoir signé une entente de confidentialité avec l’archidiocèse. Il n’avait pas cru bon à l’époque de faire appel à un avocat.

L’histoire du curé Léger a éclaté au grand jour en février dernier lorsqu’un groupe de citoyens se sont unis pour faire changer le nom de l’aréna du village nommé en mémoire du prêtre décédé en 1990.

Plusieurs hommes ont alors raconté les sévices sexuels que leur a fait subir celui qui a été curé de la paroisse Sainte-Thérèse-d’Avila, de 1957 à 1980.

Une semaine plus tard, les élus du Village ont décidé de changer le nom de la patinoire et d’en retirer la photo du prêtre.

L’archevêque de Moncton, Mgr André Richard, a présenté ses excuses aux victimes et à leurs familles. L’Église catholique paie depuis un organisme indépendant pour qu’il offre gratuitement une aide professionnelle aux victimes de Cap-Pelé.

Hier, le porte-parole de l’archidiocèse a expliqué pourquoi l’Église n’avait pas porté plainte à la police.

«Une personne qui se sent victime doit se présenter à la police et porter plainte, mais nous ne pouvons pas aller voir la police et porter plainte pour une autre personne», a affirmé Donald Langis.

L’Église n’a pas non plus fait d’enquête après la visite de Normand Brun en 1997 pour savoir si Camille Léger avait fait d’autres victimes.

«Nous ne pouvons pas faire ça. Il faut que la personne en question s’avance et qu’elle communique avec nous ou qu’elle porte plainte à la police. Nous ne pouvons pas savoir quelle personne vulnérable a été l’objet d’un acte» a dit M. Langis.

Jointe au téléphone, mardi, l’une des victimes du curé Léger a préféré ne pas commenter les révélations de Normand Brun, mentionnant que cette affaire était bel et bien terminée pour elle. Le groupe d’hommes n’a pas demandé d’indemnisation à l’Église catholique au-delà des services de counselling.

Donald Langis a tout de même indiqué au journal que l’archidiocèse était «en train d’examiner le dossier pour voir qu’elle sera la prochaine démarche que nous pourrons entreprendre.»

«Le dossier est toujours ouvert. C’est une préoccupation majeure pour l’archidiocèse. Nous ne prenons pas cela à la légère», a dit le porte-parole sans préciser la nature de ces démarches.