La Caisse populaire de Shippagan revient de loin

SHIPPAGAN – Cinq ans après avoir été sauvée in extremis grâce à une subvention de 28 millions $, la Caisse populaire de Shippagan est aujourd’hui en bonne santé. Et le meilleur serait à venir.

Cinq ans aussi après son retour au sein de la Fédération des caisses populaires acadiennes, qu’elle avait laissée pour faire bande à part au début des années 1980, la Caisse populaire de Shippagan a atteint une santé financière digne des autres caisses du réseau, mais également comparable à des caisses au niveau national, n’hésite pas à lancer le directeur général, Gilles Lanteigne.

Dès son entrée en fonction à l’été 2007, Gilles Lanteigne se donne comme défis de rétablir la réputation de la Caisse populaire de Shippagan, mais surtout d’assainir ses finances, mises à mal notamment par de trop nombreux prêts à risque contractés sous l’ancienne administration. Ce dernier travaillait auparavant à la Fédération des caisses populaires acadiennes, et il est spécialisé dans le redressement de caisses en difficulté.

En janvier 2008, la caisse affichait déjà un surplus de 1,2 million $. Cette remontée s’est poursuivie année après année depuis, le directeur Lanteigne s’affairant à récupérer plusieurs prêts dormants, à assainir les pratiques de gestion et à resserrer les politiques de crédit, entre autres.

Aujourd’hui, le taux de capitalisation dépasse les 8 %, le taux de délinquance (défaut de paiement) est de moins de 1 %, et l’entreprise a dégagé des profits nets de 15 millions $ en cinq ans. Quant au portefeuille de prêts, il atteint 108 millions $, et des prêts de haute qualité, précise M. Lanteigne. Le taux de prêt est passé de 48 % à 70 % des actifs, soit très près de la norme de 75 %.

Gilles Lanteigne estime donc que la Caisse populaire acadienne de Shippagan peut maintenant fonctionner comme n’importe quelle autre caisse du réseau et participer aux mêmes projets, comme celui de l’établissement des futurs Centres de financement aux entreprises, avec les 14 autres caisses du réseau.

L’année 2012 pourrait également marquer l’étape où l’établissement sera libéré de la tutelle de l’Office de stabilisation des caisses populaires acadiennes. M. Lanteigne pense que ce serait possible cette année, tout comme nous l’a récemment mentionné en entrevue le PDG de la Fédération des caisses populaires acadiennes, Camille Thériault.

Il se dit très fier du travail accompli par lui, ainsi que par les employés de son établissement et des partenaires de la Fédération des caisses, même s’il pensait pouvoir redresser la situation plus rapidement.

«Je dirais que le travail est accompli. Je pensais pouvoir redresser la caisse dans les trois premières années, mais ça a pris cinq ans pour dire qu’elle est autonome. On peut commencer à faire le virage des structures, comme le réseau est en train de le faire. On peut s’engager dans ces projets, maintenant, parce que nous avons un système qui est solide», a commenté le directeur de la Caisse populaire de Shippagan.

Une opinion partagée par Camille Thériault, qui tient à féliciter ceux qui ont contribué à faire un succès de ce qu’il qualifie de grand moment dans l’histoire du Mouvement des caisses populaires acadiennes.

«Je crois qu’après cinq ans, il faut féliciter les employés pour le travail qu’ils ont fait à la fédération et à la caisse, lorsque je regarde le travail qui a été fait pour solidifier la Caisse de Shippagan», affirme M. Thé­riault, qui considère maintenant cet établissement comme un partenaire du réseau, aussi solide que les autres caisses.