Hudson Oddities n’ouvrira pas ses portes cet été

RICHIBOUCTOU-VILLAGE – Le déclin de l’industrie touristique a finalement eu raison de Hudson Oddities, qui n’ouvrira pas ses portes cette saison.

Pendant une douzaine d’années, les créations en verre de mer d’Audrey Hudson, de Richibouctou-Village, ont fait le tour de la planète. 

L’entreprise, reconnue pour ses bijoux, a été fondée en 1999 et son local, un phare, a été construit en 2003.

«De 1999 à 2002, personne ne savait ce que nous faisions ici puisque nous envoyions nos produits un peu partout au Canada», a raconté Mme Hudson.

Au fil des ans, le phare a accueilli des visiteurs de la Chine, de l’Australie, de Nouvelle-Zélande, de l’Angleterre et de l’Irlande. Le commerce offrait des ateliers aux personnes de tous âges. Les visiteurs pouvaient créer leur propre morceau de bijoux peints à la main.

Les deux dernières saisons touristiques ont cependant été très difficiles et, de plus, la compétition régionale est devenue très féroce.

«Il y a au moins 20 personnes dans les environs qui produisent des produits semblables. Elles utilisent des machines pour créer des morceaux rouges, par exemple. Nous, si nous étions chanceuses, nous pouvions trouver quelques morceaux rouges par année le long des côtes», a indiqué Mme Hudson, qui arpentait surtout la plage de Cap-Lumière pour trouver son verre.

Le phare de 2500 pieds carrés, qui fait 50 pi de hauteur, est à vendre au coût de 138 999 $.

«Nous avons bien fait pendant plusieurs années, mais c’était le temps de partir. J’étais aussi fatiguée. Je travaillais sept jours sur sept. Maintenant, je travaille du lundi au vendredi et je me fais payer toutes les semaines», a-t-elle raconté.

La maison de la famille Hudson, qui est voisine du phare, est également à vendre. Si elle trouve preneur avant le symbole de la défunte attraction touristique, les Hudson déménageront sous le toit du phare.

«Ça serait intéressant de vivre là-dedans», a lancé Audrey.

Un président déçu
Le président de l’Association touristique de Kent, Jean-Charles Allain, était évidemment déçu de la tournure des événements.

«C’est triste. C’est une activité de moins dans notre région. C’est moins de choix à offrir aux touristes, surtout aux familles qui se rendaient sur place pour faire leurs petits morceaux d’artisanat», a-t-il commenté.

Le président est conscient que 2011 a fait très mal.

«De plus, dans l’industrie touristique, c’est difficile de trouver de la main-d’oeuvre et il n’y a pas de millions à faire», a-t-il soulevé.

Jean-Charles Allain croit cependant que Hudson Oddities pourrait renaître de ses cendres un jour.

«Ce n’est pas mort. Audrey pourrait changer d’idée», a-t-il lancé.

Pendant ce temps, une nouvelle entreprise offrant une expérience similaire compensera la perte de Hudson Oddities.

«Jewels of the Sea, qui est située près de la plage Katia à Saint-Édouard-de-Kent, ne remplacera pas Hudson Oddities, mais ça pourrait devenir un atout», a conclu le président.