Projet de regroupement dans la région de Shippagan

SHIPPAGAN – Un nouveau projet de regroupement municipal voit le jour dans la Péninsule acadienne, dans la région de Shippagan.

Jeudi matin, le comité responsable de l’initiative a partagé les détails de la première phase du projet avec le public. Les communautés concernées sont Shippagan et Le Goulet ainsi que huit districts de services locaux, soit Baie du Petit-Pokemouche, Chiasson-Savoy, Haut-Shippagan, Landry Office, Pointe Brulée, la Paroisse de Shippagan, Pointe-Sauvage et Pokemouche.

Baptisé «Bâtissons notre communauté d’avenir», le projet est toujours dans son état embryonnaire, affirme Odette Robichaud, responsable du regroupement et présidente du comité consultatif du DSL Inkerman Centre.

Odette Robichaud est également à l’origine du projet de regroupement, entamé il y a près d’un an. Le comité consultatif d’Inkerman Centre a alors approché les communautés environnantes afin de voir s’il existait un réel intérêt. Ensuite, on a vérifié auprès du ministère des Gouvernements locaux pour un appui technique. Tout cela a été suivi par des réunions publiques tenues l’automne dernier et par des élections de comités consultatifs dans chaque DSL. Chaque communauté a formé un comité représentatif et un comité de travail pour entamer le processus d’évaluation initiale.

La responsable dit avoir conçu l’initiative après avoir pris connaissance du rapport Finn sur la gouvernance locale. Inquiète par différents enjeux touchant la région, soit le vieillissement de la population, la baisse du taux de natalité et l’exode de la population, elle a voulu prendre en main la destinée de sa communauté.

«Je suis une mère avec trois enfants fiers d’être de la Péninsule acadienne. Ils ont envie de s’installer ici. Je trouve que j’ai une certaine responsabilité de mettre la main à la pâte pour bâtir un certain legs qui leur permettra de continuer de vivre ici et jouir de ce beau coin du pays. Je pense que j’ai pu partager ça avec les communautés environnantes et que ç’a été bien accueilli», affirme Odette Robichaud.

À l’instar du projet de regroupement dans la région de Tracadie-Sheila, Bâtissons notre communauté d’avenir refuse de se donner l’étiquette du «gros qui mange le petit» et se voit plutôt comme un «groupe de partenaires qui ont répondu positivement pour être autour de la même table».

«La démarche dure depuis près d’un an et demi. Nous avons pris ce temps-là pour concerter et consulter pour être où nous sommes aujourd’hui. Pour ma part, il est important que le projet soit inclusif et transparent (…) On veut s’assurer qu’à la minute où on sent qu’on a franchi une nouvelle étape que la population est informée officiellement pour lui dire où nous en sommes rendus», a-t-elle dit.

La démarche a aussi été bien accueillie par le maire de Shippagan, Tilmon Mallet, ainsi que celui de Le Goulet, Wilfred Roussel.

«C’est un processus qui s’aligne bien avec ce que j’ai suggéré quand je me suis présenté aux élections municipales, où on a parlé de collaboration, de coopération et de communication. C’est un consensus qui demande l’opinion de tout le monde, autant des DSL que les municipalités», indique Tilmon Mallet.

Wilfred Roussel avoue ne pas avoir été au courant que l’ancien conseil municipal ait accepté le projet lors d’un vote. Après avoir été informé du tout, il a participé à une rencontre d’information pour obtenir plus de renseignements.

«Effectivement, l’ancien conseil municipal a voté pour faire partie de ce comité. Après la session de briefing à laquelle j’ai assisté, personnellement, je pense que le conseil a pris la bonne décision et je continue d’appuyer cette idée», soutient Wilfred Roussel.

Maintenant que la première étape a été franchie, le comité organisateur souhaite poursuivre son travail. Cet été, on compte peaufiner le sommaire de l’évaluation initiale de faisabilité. Cet automne, le sommaire sera envoyé par la poste à l’ensemble de la population concernée et sera suivi d’une série de réunions de consultation publique.

Bien qu’il n’ait pas encore d’échéancier officiel, Odette Robichaud espère que le projet sera prêt à être concrétisé à la mi-2014, soit environ six mois avant les prochaines élections provinciales.

Si le projet est accepté par la population, la nouvelle municipalité comptera une population d’environ 7000 personnes avec une assiette fiscale d’environ 400 millions $.

Un pas dans la bonne direction, croit Bruce Fitch

Après le projet de la région de Tracadie-Sheila, Bruce Fitch, ministre des Gouvernements locaux, se dit heureux de voir une autre initiative de ce type émerger dans la Péninsule acadienne.

«Je pense qu’il est bien que les communautés discutent ensemble et s’organisent. Il y a des avantages et je pense que c’est une démonstration d’autonomie locale. Nous avons dit dès le début que ces initiatives devraient provenir d’une source locale. Maintenant, c’est juste le début. Nous allons les aider à élaborer l’étude de faisabilité. Nous avons une équipe pour faire cela et si le tout a du sens, les gens pourront voter», affirme Bruce Fitch.

Appui formel pour «Ensemble vers l’avenir»

De son côté, le projet de regroupement dans la région de Tracadie-Sheila a reçu par la poste une belle surprise. Gaetan Lanteigne, président de l’initiative, affirme avoir reçu du bureau de David Alward une lettre datée du 27 juin 2012 appuyant formellement la démarche.

«Pour nous, ça confirme que la province du Nouveau-Brunswick est bel et bien partie prenante du projet Ensemble pour l’avenir», dit Gaetan Lanteigne.