Homard: une saison des plus fructueuses

POINTE-SAPIN – Une saison de pêche au homard des plus fructueuses prend fin samedi dans la zone 23 qui comprend 500 pêcheurs de Dalhousie à Pointe-Sapin.

Vendredi après-midi, Bertin Mazerolle et son équipage ont ramené des casiers au quai de Pointe-Sapin, le port d’attache de son bateau, le Bertin.

«Ce fut une saison exceptionnelle. Nous ne sommes pas déçus de retirer nos trappes de la mer, car nous avons pris notre part de homard. Nous ne pouvons pas prendre toute la ressource. Il faut en laisser pour les années à venir», a commenté le capitaine originaire de Pointe-Sapin.

Selon les pêcheurs de cette région, la plupart ont débarqué une dizaine de tonnes de crustacés ce printemps. Dans le nord de la zone, certains homardiers auraient même pris plus de 35 000 livres!

«C’est une année record pour moi, a confirmé Brian Martin, aussi de Pointe-Sapin. Je suis un peu surpris, car je pensais que ça serait une saison similaire à 2011. Tous les pêcheurs sont heureux et c’est très encourageant.»

Les pêcheurs s’entendent pour dire que les mesures de conservation, incluant notamment l’augmentation de la taille minimale, qui augmente graduellement dans la majorité des zones, ont des répercussions très positives sur les captures.

Un plan de conservation a été mis en place par le ministère des Pêches et des Océans en 2009.

«Ça fait certainement une différence. C’est de mieux en mieux chaque année», a indiqué Brian Martin.

Dans le nord de la zone 23, soit de Dalhousie à Miscou, la taille minimale est de 75 millimètres contre 71 mm dans le sud du même territoire (Miscou à Escuminac). En 2013, elle passera à 76 mm dans le nord et à 72 mm dans le sud.

L’organisateur de l’Union des pêcheurs des Maritimes de la zone 23, Emmanuel Moyen, estime que les prises ont augmenté de 30 % pour l’ensemble du territoire.

«Les pêcheurs m’ont dit qu’il y a du bon recrutement. Ils voient beaucoup de femelles et de petits homards. Le futur s’annonce prometteur», a-t-il lancé avec fierté.

Prix
Évidemment, la question du prix revient sur la table. Selon le directeur général de l’UPM, Christian Brun, les homardiers ont reçu en moyenne 4 $ la livre pour le petit et 4,50 $ pour le gros, soit environ 50 cents de moins la livre que leurs voisins de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard.

«C’est clair que ça dérange nos pêcheurs. Nous avons des preuves que certains producteurs ont payé plus, mais nous n’avons pas réussi à obtenir de solides explications des acheteurs», a signalé le DG.

Christian Brun pointe du doigt la loi sur la transformation qui est entrée en vigueur en 2009.

«Avec la législation, les acheteurs ont un meilleur contrôle, ce qui a un effet sur le prix. Ça fait des années que nous avons un prix qui diffère des provinces voisines et c’est toujours au désavantage des pêcheurs du Nouveau-Brunswick», a-t-il expliqué.

Un propriétaire d’une usine de transformation du nord-est de la province, qui préfère demeurer anonyme, ne comprend pas comment ceux qui payent plus pourront demeurer en affaires.

«C’est une bataille entre producteurs. C’est une compétition, mais si nous payons trop cher, nous pouvons faire un déficit tous les jours», a-t-il fait savoir.

Marché saturé

POINTE-SAPIN – Les captures exceptionnelles du printemps 2012 auront un impact sur la saison d’automne selon Christian Brun.

«Le marché est déjà inondé», a-t-il soulevé.

Reste à savoir si le homard du Nouveau-Brunswick trouvera une autre niche que les États-Unis.

«Nous tentons de développer de nouveaux marchés en Chine, en Inde et en Corée. Il faut intéresser les Asiatiques et les Européens. Si nous pouvons avoir une entente de libre-échange avec l’Europe, ça sera très bénéfique», a dit M. Brun. – BR