Des exportations de plus en plus spécialisées pour le Groupe Savoie

SAINT-QUENTIN – Sans trop le savoir, peut-être glissez-vous sur les pentes de ski avec une planche contenant du bois provenant du Restigouche.

Des pièces de bois du nord de la province servent en effet à la fabrication de planches à neige conçues en Chine. Et bientôt, ce même bois pourrait servir à la confection d’instruments de musique.

C’est bien connu, le Groupe Savoie de Saint-Quentin mise sur la diversification de ses produits.

Il y a quelques années, l’entreprise a beaucoup investi dans la construction d’une usine de fabrication de granulés de bois, question de faire de la valeur ajoutée de son bran de scie et de ses résidus de coupes en forêt. Mais en plus de créer de l’emploi localement, cet ajout fait en sorte que la compagnie restigouchoise peut espérer respirer plus librement en ces temps où l’industrie forestière peine toujours à reprendre son souffle.

Ce que l’on sait moins par contre, c’est que l’entreprise exporte également du bois pour certains besoins particuliers. Depuis près d’une dizaine d’années, par exemple, elle exporte des lattes de planchers de bois franc en Europe (surtout en Allemagne).

Mais, depuis peu, elle exporte également des pièces d’érable vers la Chine afin de servir à la confection de planches à neige.

«Nous envoyons environ un conteneur par mois», explique Jean-Claude Savoie, président de Groupe Savoie.

«Les planches à neige sont faites de plusieurs couches de différents matériaux. Mais au centre, on retrouve du bois et c’est souvent de l’érable. C’est ce que nous leur fournissons. Eux le tranchent en petites planches très minces, le laminent et fabriquent la planche», dit-il.
Autre exportation sortant de l’ordinaire: des pièces de bois franc destinées à l’industrie de la musique.

«C’est une chose que nous sommes en train de développer», indique M. Savoie.

«Nous sommes sur le point d’envoyer des échantillons à trois ou quatre manufacturiers d’instruments. Nous en sommes encore au stade de l’apprentissage, mais c’est certainement un marché qui est intéressant», souligne-t-il.

Les morceaux en question serviraient principalement à la confection de manches de guitare. Le Groupe Savoie fait parvenir une pièce de bois brut (longueur et largeur prédéterminées) et c’est ensuite le manufacturier qui a la tâche de l’usiner selon ses propres besoins.

«Je ne suis pas un spécialiste en musique, mais la majorité des manches de guitare hauts de gamme seraient fabriqués en érable. Et de l’érable dur (comme l’érable à sucre), il en pousse amplement ici», note l’entrepreneur.

C’est d’ailleurs par hasard que l’idée de se lancer dans ce créneau a surgi.

«On a tout simplement rencontré une personne qui nous a demandé si nous pouvions produire des pièces de bois avec certaines spécifications et ça nous a intéressés. C’est souvent comme ça que les bonnes affaires surviennent», avoue l’homme d’affaires.

Pour l’instant, le marché des guitares est celui qui est particulièrement visé par l’entreprise. Toutefois, il se pourrait qu’elle fasse une incursion dans d’autres secteurs. «On me dit qu’il y aurait peut-être d’autres débouchés possibles, comme celui des pianos puisque les marteaux et d’autres pièces seraient faits aussi d’érable. Il y a peut-être aussi d’autres possibilités et c’est pourquoi il faut maintenant continuer de fouiller et de creuser afin de trouver les bonnes filières», dit M. Savoie.

Certes, selon lui, ces activités demeurent très marginales et sont loin de devenir le fer de lance de l’entreprise.

«Mais ça demeure une diversification qui est plus que bienvenue puisque les temps sont toujours difficiles dans le secteur de la construction. Nous fabriquons, par exemple, beaucoup de bois destiné aux armoires de cuisine. Mais, depuis deux ans, c’est un secteur qui a beaucoup diminué, notamment en raison du ralentissement aux États-Unis, notre plus gros marché. En fait, nous n’avons pas le choix de nous diversifier si nous voulons survivre. Si nous étions restés uniquement dans la fabrication de planches, au fil des ans nous serions probablement morts», mentionne-t-il, souhaitant maintenant que la mode des musiciens qui fracassent leur guitare refasse surface.