Camping: Modèle de luxe

CARAQUET – La résidence de Marie-May et Donald Thériault est située dans un endroit tranquille entouré de beaux arbres et d’un beau jardin. Une terrasse en bois permet d’accéder à leur demeure moderne et confortable.

Ces deux anciens enseignants maintenant à la retraite nous reçoivent chaleureusement. M. Thériault est assis dans son salon meublé, entre autres, d’un grand divan et d’un téléviseur. Entre le salon et la cuisine, nous notons la présence d’un bureau et d’un ordinateur. La cuisine, elle, est dotée d’un réfrigérateur et d’une cuisinière. Il n’y a rien hors de l’ordinaire chez Marie-May et Donald, sauf une chose, il s’agit d’une roulotte en plein milieu d’un terrain de camping.

Le couple originaire de Caraquet, mais qui habite à Dieppe durant l’hiver, est adepte du camping depuis longtemps. Ils sont saisonniers au camping Colibri, à Bertrand, dans la Péninsule acadienne, depuis 1987.

«On aime tellement le camping. On a non seulement cette roulotte-ci pendant quatre mois de l’année, mais on s’est aussi acheté une roulotte motorisée pour prolonger notre saison. On commence notre saison un peu plus tôt dans la (roulotte) motorisée, après, on vient quatre mois ici. Ensuite, on termine notre saison avec la roulotte dans le sud de la province. Ici, le camping finit le 15 septembre, mais au camping dans la région de Saint-Jean, la saison se termine à la fin octobre, début novembre», explique Donald Thériault.

Pour le couple Thériault, l’amour du camping remonte à loin. Il s’est développé lors de leur jeunesse alors qu’il était membre des scouts et elle des guides. Maintenant, c’est presque un mode de vie.

«On est chanceux. On est tous les deux en bonne santé et on a les mêmes goûts. On vit beaucoup dans les valises et on déménage souvent. Nous avons été dans l’enseignement toutes notre vie, à respecter des horaires pendant 35 ans. Tout le système décide pour toi à quelle heure il faut ci et à quelle heure il faut être là, tandis que maintenant, on a la liberté de vivre. Ce n’est jamais la même chose et il n’y a pas de routine. Ça change tout le temps. C’est ça qu’on aime», a mentionné M. Thériault.

Depuis le quart de siècle que le couple pratique cette activité, il y a eu beaucoup de changements. En commençant avec le type de roulotte utilisé.

«Au début, nous avions une toute petite roulotte de 17 pieds», précise Marie-May.

Ce n’est qu’à force d’y retourner, année après année, que le couple s’est tranquillement enraciné dans l’endroit.

«On a planté tous les arbres que tu vois ici: les érables rouges, les gros bouleaux. Ça te donne une idée du temps qu’on est ici», lance en riant M. Thériault.

Leur vie s’est aussi améliorée. Avant, Donald Thériault profitait très rarement de l’extérieur. Il avait plutôt les yeux rivés sur l’écran du téléviseur ou de l’ordinateur.

«Depuis, c’est l’inverse. On est beaucoup plus souvent dehors. En faisant du camping, c’est comme si l’ensemble du monde était de la famille. On connaît bien nos voisins, on fait des feux. Des fois c’est ici, d’autres fois ailleurs», indique-t-il.

Dans une thèse portant sur le camping saisonnier présentée à l’Université Laval, à Québec, en 2007, Catherine Allen exlique que les baby-boomers, à la retraite, préfèrent s’établir au même endroit pour une période de temps déterminée plutôt que d’opter pour un mode de loisir axé sur la découverte de nouveaux espaces tels que le camping sauvage ou le camping voyageur.

«Le camping saisonnier représente l’opportunité de s’approprier l’espace et de le modifier à sa guise alors qu’il n’est pas toujours possible de le faire dans l’environnement de sa résidence principale, écrit-elle. Qu’ils s’investissent dans l’aménagement de leur emplacement ou du terrain de camping au grand complet, ces campeurs jouissent d’une liberté d’agir insoupçonnée. Même s’ils arrivent dans un environnement déjà produit, ils ont le pouvoir d’y faire des modifications physiques considérables. Ils ne sont pas des utilisateurs passifs de leur espace de loisir.»