Deux poids deux mesures

BATHURST – Un médecin de famille de Bathurst dénonce le délai d’attente anormalement long pour passer une échographie par ultrasons à l’Hôpital régional Chaleur.

La Dre Edmonde Gionet en a ras le bol, comme elle le dit elle-même, et c’est pourquoi elle critique ouvertement le fait que les patients doivent attendre de très longs mois avant de passer une échographie à l’Hôpital régional Chaleur.

«Un ultrason est un test de base et ça prend six mois, huit mois, un an pour avoir un rendez-vous à Bathurst. Si une patiente a un cancer des ovaires, nous attendons tout ce temps pour avoir le rapport? Nous devons parfois demander à la place une tomodensitométrie, mais je n’aime pas faire ça, car il y a plus de radiations. Je ne peux plus travailler dans ces conditions. Pour moi, c’est une injustice», s’exclame la Dre Gionet.

Elle attribue cette lenteur au fait que le centre hospitalier de Bathurst n’ait pas suffisamment de techniciens pour effectuer les examens et propose des solutions de rechange.

«Devons-nous pénaliser certains patients du Nord? Je suis sûre que ça ne prend pas six mois pour avoir un ultrason à l’Hôpital Dumont (à Moncton). Selon moi, nous pourrions nous organiser avec les hôpitaux de Miramichi ou Campbellton. Ça ne ferait rien à la majorité des gens de faire de la route s’ils pensent avoir quelque chose de grave», relève-t-elle.

Le Réseau de santé Vitalité reconnaît que les ressources humaines font défaut pour accélérer les rendez-vous, mais indique avoir pris des mesures pour palier au plus pressant.

«Nous sommes conscients qu’il y a du retard pour les ultrasons et que c’est en raison d’un manque de technologues. Présentement, il y a des formations qui se donnent pour nous permettre d’effacer les délais que nous avons. Entre-temps, nous avons retenu les services de technologues en provenance du Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont pour nous donner un coup de pouce et alléger le fardeau du nombre d’examens à effectuer», a exprimé Luc Foulem, le porte-parole du Réseau Vitalité.

La Dre Gionet montre aussi du doigt la longue période qui peut s’écouler avant qu’un patient subisse une imagerie par résonance magnétique (IRM). Lorsqu’elle juge que le cas est très urgent, elle se dit obligée de contacter elle-même le radiologiste, tout comme pour les ultrasons.

«Si je veux avoir une IRM pour un patient, ça prend au moins un an. Nous avons encore le vieil appareil portatif qui a été brisé la dernière fois sur la route alors que nous devions en avoir un neuf l’an dernier. Si nous suspectons quelque chose de plus grave, il faut faire des pieds et des mains pour avoir l’examen plus vite et parler au radiologiste. C’est deux poids, deux mesures avec Moncton», lâche le médecin de famille, qui est connue pour ses opinions bien tranchées.

D’autant plus que l’unité mobile d’imagerie par résonance magnétique qui dessert les hôpitaux de Bathurst, de Miramichi et de Campbellton a été mise hors d’usage en mars à cause d’un incident routier. Le nouvel appareil prévu d’ici l’an prochain permettra de réduire le temps d’attente.

«Une fois que nous aurons l’IRM permanente qui sera installée à l’Hôpital régional de Bathurst, ça va nous permettre d’avoir une plus grande efficacité en ce qui a trait à la prestation des examens. Nous prévoyons que ce sera au cours de l’hiver 2012-2013», a précisé Luc Foulem.

La Dre Edmonde Gionet encourage les patients qui estiment que les délais d’attente s’étirent à se plaindre auprès de leurs représentants au conseil d’administration du Réseau Vitalité.