Son emploi d’été: étudier les mathématiques!

MONCTON – Son diplôme d’études secondaires est encore tout frais entre ses mains. Sébastien Lord l’a obtenu en juin de l’école L’Odyssée, à Moncton. Mais déjà, il étudie des matières en mathématiques de troisième année universitaire à l’Université de Moncton. En fait, c’est son «job d’été».

Sébastien a toujours adoré les mathématiques. L’adolescent de 18 ans se souvient d’avoir réalisé, quand il était en 3e ou 4e année, qu’il pouvait compter sur cette matière parmi ses forces et ses intérêts. Il se souvient aussi avoir passé beaucoup de temps avec son père et ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick, Bernard Lord, à pratiquer les mathématiques.

«Je me souviens que, pendant les cours de mathématiques, je m’amusais à corriger les livres qu’on avait en classe. Je passais du temps avec mon père et il me montrait comment faire les multiplications. C’est toujours quelque chose, finalement, qui m’a intéressé de voir comment les chiffres fonctionnent», explique le jeune en griffonnant sur un bout de papier.

En 2011, Sébastien s’est classé deuxième au concours de mathématiques Poincaré, fondé par le professeur au Département de mathématiques et statistique de l’Université de Moncton, Donald Violette.

C’est d’ailleurs M. Violette qui embauche le jeune mathématicien pour l’été. Il en a eu l’idée quand Sébastien lui a demandé un livre sur la topologie, une branche des mathématiques pures qui étudie surtout les propriétés entre les différents espaces.

«Je trouvais ça vraiment étrange, mais en même temps, ça m’a flatté. J’ai d’abord pensé lui trouver un livre élémentaire. Après, je me suis dit: pourquoi ne pas l’embaucher. Pour le laisser seul dans son coin faire des mathématiques?», a expliqué M. Violette.

Ainsi, le travail rémunéré de Sébastien Lord, pour cet été, est d’étudier les mathématiques. En septembre, il entamera d’ailleurs son baccalauréat en mathématiques à l’Université de Moncton. Déjà, il sait qu’il poussera ses études jusqu’à la maîtrise pour probablement se rendre au doctorat.

Pour Sébastien, les mathématiques constituent son monde. Elles sont partout. C’est une sorte de langage qui permet de comprendre le monde et franchir ses limites.

«En tant que société, nous sommes limités par les lois physiques. Ces lois sont quand même décrites de façon très mathématique. Donc, comprendre les mathématiques, le langage de ces lois, nous permet de mieux situer nos limites en tant qu’êtres dans un monde physique, et puis de se rendre jusqu’à ces limites, faire les choses autrement que nous les aurons crues possibles», a précisé celui qui a participé à l’émission Génies en herbe, diffusée à la télévision de Radio-Canada en 2011.

M. Violette a organisé le premier camp de mathématiques en Acadie cet été. Ce camp a permis de découvrir la crème de la crème des jeunes mathématiciens acadiens au N.-B., dont Sébastien.

«J’étais pas mal certain qu’on allait faire de belles découvertes en ayant un camp de mathématiques parce qu’on se retrouve avec des jeunes qui sont doués et qui sont heureux quand ils font des mathématiques», a avancé le professeur.

Sébastien n’a pas encore décidé vers quelle matière il se dirigera dans le vaste domaine des mathématiques quand il arrivera à sa maîtrise. Par contre, il sait que les connaissances des mathématiciens seront très prisées par les entrepreneurs qui chercheront à optimiser les opérations de leur entreprise dans un monde où la concurrence est toujours plus féroce.