Un ancien participant garde de bons souvenirs des courses de tacot

CARAQUET – Vous avez une boîte de céréales vide format municipal achetée chez Costco? Plutôt que de vous en faire un cabanon, vous pourriez peut-être la transformer en carrosserie de voiture pour une course de tacots…

Course de quoi? Les plus jeunes se demanderont sûrement de quoi il en retourne. Leurs parents, eux, savent sûrement ce que c’est.

Car il fut un temps, dans les années 1960-1970 durant le Festival acadien de Caraquet, où cette course était très populaire, attirant sur la rue du Portage son lot de curieux et de participants. Ces derniers rivalisaient tous d’ingénierie et de créativité pour construire ledit tacot en question, un bolide fabriqué de pièces de bric-à-brac au gré de sa fantaisie.

Arcade Robichaud, de Caraquet, a déjà participé à la course des tacots du Festival acadien, au début des années 1970. Il avait même remporté un prix – à l’instar de deux autres copains, Gaston et Gilles Lanteigne – grâce à son véhicule «gossé» avec les moyens du bord, comme on dit.

«Les premières courses étaient très artisanales. Certains véhicules étaient créés avec des moyens aussi rudimentaires que des charpentes de bicyclettes reliées à des planches de bois. Certains participants se servaient aussi de roues de fauteuil roulant. C’était le beau côté de l’activité à cette époque: il y avait plein de constructions qui sortaient de l’ordinaire et nos projets de véhicules nous occupaient tout l’été», se souvient M. Robichaud.

À l’époque, le défi était de «conduire» la voiturette en la lançant dans la côte de la rue afin qu’elle remonte le plus haut possible dans la butte, à la hauteur des feux de circulation aujourd’hui.

Élevé sur la rue du Portage, l’ex-compétiteur avoue qu’il avait peut-être une longueur d’avance sur les autres participants qui connaissaient moins bien les angles de la pente.

«Moi et d’autres amis qui avions grandi sur la rue du Portage, nous avions tout le loisir de nous pratiquer et de faire les ajustements nécessaires», confie-t-il en riant.

La sécurité? Oubliez ça. Les règles étant moins strictes à l’époque qu’elles ne le sont de nos jours, chacun y allait «au pic pis à la pelle», sans égards aux blessures ou aux dérapages occasionnés par une voiturette indocile.