L’Académie Sainte-Famille fête ses 100 ans à Tracadie-Sheila

TRACADIE-SHEILA- L’Académie Sainte-Famille à Tracadie-Sheila célèbre cette année son 100e anniversaire. Plusieurs activités ont lieu au courant de la fin de semaine. Vendredi soir, un banquet a été tenu afin de souligner l’importance de ce bâtiment historique dans la communauté.

L’Académie Sainte-Famille a été fondée en 1912 par les Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph (RHSJ), mais la présence de celles-ci à Tracadie-Sheila remonte au milieu du XIXe siècle. À cette époque, le diocèse fait venir des sœurs de la région de Montréal pour s’occuper des lépreux au lazaret de la région. Avec le temps, leur rôle prend de l’importance et elles commencent à s’occuper de l’éducation des jeunes de la région.

Ce dévouement de la part des Religieuses Hospitalières  a grandement marqué David Alward, premier ministre du Nouveau-Brunswick. Il était l’un des invités d’honneur au banquet.

«Nous sommes ici pour souligner le 100e anniversaire de l’Académie Sainte-Famille. J’ai lu l’histoire de l’Académie et j’ai pris connaissance de la contribution des religieuses au développement de cette région et de l’Acadie. J’étais profondément touché par le dévouement de cette communauté religieuse. Comme premier ministre, je crois que l’histoire des religieuses reflète bien nos valeurs ici au Nouveau-Brunswick: les sacrifices pour les autres, le partage, l’entraide et la générosité», affirme David Alward.

Pour Jean-Eudes Savoie, président de l’Association des Anciens et Amis de l’Académie Sainte-Famille (AAASF), il était extrêmement important de marquer le centenaire de ce bijou patrimonial de la Péninsule acadienne.

«C’est un centenaire et un centenaire ce n’est pas un événement qu’on vit beaucoup, surtout dans des petites communautés comme la nôtre dans le nord-est du Nouveau-Brunswick. Mais ce qu’il y a surtout d’important dans cet événement, c’est une reconnaissance de l’œuvre de l’éducation des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph», précise-t-il.

«On se rappellera que vers la fin du XIXe siècle, dans les petites communautés rurales, l’éducation faisait défaut. Ce n’était pas tous les enfants qui avaient accès à l’éducation, donc il y avait beaucoup d’analphabétisme, beaucoup de pauvreté et beaucoup de maladies. Les RHSJ, leur mission première était les soins de santé, mais elles ont vu qu’il y avait un besoin énorme au niveau de l’éducation et c’est comme ça qu’elles ont décidé de relever le défi et de prendre en charge l’éducation des enfants dans la communauté», ajoute Jean-Eudes Savoie.

Camille Saulnier, de Tracadie-Sheila compte parmi les nombreuses personnes ayant profité d’une éducation à l’Académie Sainte-Famille. Il y était de la 1re à la 5e année, de 1952 à 1956. 

«On marchait là, c’était un peu loin. On passait devant une école supérieure à mi-chemin, mais pour mes parents, il fallait une éducation religieuse», dit-il.

Avec le temps, Camille Saulnier a développé des talents d’artiste. À tel point, qu’il a peint un tableau de l’Académie à partir d’une vieille photo datée des années 1940.

L’Académie Sainte-Famille continue de le marquer. Il a donné une reproduction de son tableau au comité organisateur, qui vend des cartes postales de son oeuvre. Tous les profits de la vente des cartes postales sont destinés à la préservation de l’établissement.